Dry January ou pas : comment réduire les risques avec l’alcool?

Publié le 12 janvier 2026 par Léa

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Cet article parle de : #drogues-legales #alcool

On espère que tu vas bien ! 

En ce début de semaine, on te propose quelques conseils de réduction des risques version alcool et quelques outils pour s’interroger sur sa consommation. 

Si jamais tu es en plein dans le Dry ou que, justement, tu n’as pas continué ou tu n’as pas souhaité le faire, nos tips peuvent t’aider à minimiser les risques liés à la consommation d’alcool et prendre soin de toi! 


Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite

Dry January ou pas, ta consommation d’alcool mérite qu’on en parle sans pression ni morale.
Réduire les risques, ce n’est pas arrêter à tout prix : c’est écouter son corps et ses limites.
Infos utiles, conseils concrets et rappel essentiel : prendre soin de soi, c’est déjà politique.

En bref

Cet article propose des repères simples pour mieux comprendre ce qu’est une consommation d’alcool à risques, ses effets à court et long terme, et les moyens de réduire les dommages sans jugement. On y parle Dry January, réduction des risques (RDR), hydratation, rythme de consommation, interactions avec d’autres substances ou médicaments, et santé du foie. L’objectif est de donner des outils accessibles pour s’interroger sur sa consommation d’alcool, faire des choix éclairés et rappeler qu’il est toujours possible de demander du soutien ou des conseils, notamment auprès de  nous (KEPS).


Qu’est-ce qu’une consommation à risques ? 

Selon le Réseau de prévention des addictions (Respadd), une consommation est à risques chez les adultes lorsqu’elle ne respecte pas les indicateurs suivants : 

  • pas plus de 2 verres par jour ;
  • pas plus de 10 verres par semaine ;
  • des jours sans consommation d’alcool dans la semaine. 

 

Disclaimer

Une grande majorité des personnes qui boivent de l’alcool et qui ont une consommation à risques (santé ou facteurs psychosociaux) ne sont pas dépendantes à l’alcool. On peut ne pas être addict, ou avoir des conduites à tendance addictive, avec des conséquences directes sur notre santé. Une consommation d’alcool à risques n’induit pas forcément des cas d’ébriété. 

Tu peux retrouver ici une vidéo KEPS  sur « Comment s’installe la dépendance à l’alcool ? » avec la docteure Alix Morel, psychiatre et addictologue. 

En gros, quand on boit, on risque quoi ? 

– À court terme :
accidents de la route, au travail, manque d’énergie, sommeil de mauvaise qualité, potentielle prise de poids, troubles digestifs, anxiété, perte de mémoire, etc. 

– À long terme :
certains cancers (des voies aérodigestives), hypertension, maladies cardiovasculaires, maladies du système nerveux, troubles psychiques, diabète, et maladies du foie. 

Outre les risques liés à la santé, l’alcool et sa consommation excessive peuvent vous isoler, ou vous éloigner de votre cercle de proches (ami·es, famille)…


Réduire sa conso ou tenter le Dry ? 

Si tu décides de réduire et/ou de te lancer dans un mois de sobriété type Dry January : 

Essayes d’avoir bien en tête pourquoi tu le fais, car pour la plupart d’entre nous, boire est un plaisir, c’est un moment entre potes, on peut trouver cela bon, ça nous détend… Ce n’est pas parce qu’un produit peut comporter des risques pour des personnes que c’est le cas pour tout le monde. 

Essayes de visualiser pourquoi vous souhaitez modifier une habitude, ce qui est important pour vous, ce que vous souhaitez prioriser. 

Si  tu as envie d’utiliser des trackers, voici une vidéo qui résume les infos essentielles :

https://www.youtube.com/watch?v=LpkmmoluFgA

 

Tu peux te demander ce que tu aimes dans le fait de boire de l’alcool, et ce que tu n’aimes pas, plus… Si tu veux évaluer ta conso, tu peux t’appuyer sur le questionnaire AUDIT, disponible ici.  Si ta conso t’interroge, tu peux nous écrire sur nos réseaux sociaux ou par mail à coucou@keps.fr ! 


Quelques conseils pour réduire les risques 

Bien manger, bien s’hydrater ! 

Manger un bon repas ou un snack ! L’alcool mettra ainsi plus de temps à être absorbé par l’organisme et les effets seront en conséquence moins rudes. Bien boire de l’eau (ou des softs), car l’alcool déshydrate, avant et après ! Mais surtout pendant, c’est le plus important : ça permet d’aider le foie à encaisser et à garder son élasticité. Si tu y arrives, un verre d’eau ou une boisson sans alcool entre chaque verre d’alcool pour alterner, tu auras moins d’effets négatifs et la gueule de bois sera moins sévère.

Mais friendly reminder : seul le temps fait baisser le taux d’alcool ! 

Cette vidéo t’explique la déshydratation ou pourquoi s’hydrater en buvant de l’eau, c’est important : 50 Nuances de jaunes (le pipi pourquoi c’est important)

Y aller à son rythme

En pratique, il est déconseillé de boire plus d’une mesure d’alcool par heure, mais en réalité, on te conseille d’y aller à ton rythme et de ne pas boire trop vite.  Si tu fais une soirée à la maison, et que tu fais toi même ton cocktail ou la dose d’alcool, on te conseille une Ecocup graduée pour respecter les dosages d’alcool et voir ce que tu consommes en quantité. 

Ménager son foie

Le foie est le seul organe du corps qui peut se régénérer. Plus il est élastique, plus il est en bonne santé, et il continue de filtrer correctement les toxines du corps. S’il est endommagé par une consommation importante d’alcool ou une hépatite, il se raidit, devient dur et les tissus sont fibrosés. Le Fibroscan® permet d’évaluer l’étendue de cette fibrose.  Tu trouveras plein d’informations sur le Fibroscan® dans notre article « Comment tester l’état de son foie ». Un arrêt de quelques semaines, voire quelques mois, est toujours positif pour la santé générale : meilleur sommeil, humeur stabilisée et surtout, régénération des tissus fibrosés. 

Donc, que tu fasses le Dry une semaine ou un mois, c’est déjà super ! Un arrêt soudain si tu es une personne alcoolodépendante n’est évidemment pas du tout conseillé, parles-en avec des pros ! Les symptômes de sevrage de l’alcool peuvent être très compliqués, comme l’explique cette vidéo sur les complications potentielles, réalisée par KEPS avec Alix Morel. 

Gaffe aux mélanges !

La légende dit que plus tu mélanges des alcools différents, plus tu ramasses, mais c’est assez faux ! Mélanger différentes boissons alcoolisées n’augmente pas les risques ou la gueule de bois en soi. C’est bien la quantité d’alcool consommée (et pas le mélange d’alcools) et la vitesse de consommation qui te mènent à une intoxication (plus communément appelée la gueule de bois). Et en parlant de mélange, si tu bois des coups, il est préférable de ne pas consommer une autre substance psychoactive. 

Alcool et stimulants 

Consommer une boisson alcoolisée et des stimulants cache les effets de l’alcool, on a tendance à surconsommer, donc plus de risques de vomis, voire de comas ! Ce duo est aussi dangereux car il vient augmenter ta température corporelle et ton rythme cardiaque est mis à rude épreuve. Le risque de déshydratation est également plus important. 

Alcool et dépresseurs 

Les dépresseurs peuvent causer des somnolences, des pertes de connaissance, des moments de confusion, voire un arrêt respiratoire. En tant que dépresseur, l’alcool potentialise l’effet de d’autres dépresseurs, gaffe aux interactions donc.

Et les médicaments ? 

L’alcool peut altérer l’effet de certains médicaments (comme les thymorégulateurs, les antidépresseurs ou anxiolytiques) et peut provoquer une forte somnolence et des effets rapides d’ébriété. Consommer de l’alcool et des antibiotiques n’altère pas forcément leur efficacité ou propriété, mais les deux sont difficiles à digérer et entraînent donc plus d’effets indésirables comme des vomissements, des nausées ou des maux de ventre. 

Si on a tendance à prendre un petit Doliprane® pour le mal de crâne le soir même, on te le déconseille fortement car quand on boit de l’alcool, le foie travaille beaucoup pour éliminer la substance et la prise de ce médicament peut s’avérer nocive pour cet organe. L’alcool intoxique le foie, le paracétamol (à fortes doses) aussi ! 

Safer tips ! 

/!\  Dans la grande majorité des cas de soumission chimique, la substance la plus utilisée demeure l’alcool et les médicaments de type benzos !!! (Le combo des deux entraîne un effet sédatif, voire la perte de connaissance). 

Enfin on te déconseille fortement de prendre le volant après avoir bu. Et si tu prévois du sexe consenti avec une personne, n’oublie pas les capotes et le gel ! Stay Safe 

Pour compléter, on te conseille vraiment vraiment de prendre le temps de regarder cette vidéo géniale avec Emmanuelle Latourte qui travaille pour l’association Santé ! Alcool et réduction des risques


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