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Truly Naked – Un film sans filtre sur le consentement

Publié le 5 mai 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #pratiques-sexuelles #consentement #culture-du-viol #fictions #films

En bref : 

1. Un film sur le consentement et les “zones grises” des violences sexuelles
Truly Naked explore une réalité rarement montrée : un dépassement de consentement dans une relation naissante, loin des clichés du viol, mettant en lumière des situations ambiguës mais bien réelles.

2. Une critique du male gaze dans l’univers du porno
Le film propose un regard féminin sur l’industrie pornographique, en évitant la sexualisation gratuite et en donnant une vraie place aux personnages féminins.

3. Une œuvre utile pour la prévention et l’éducation aux VHSS
À travers une histoire réaliste, le film ouvre des questions essentielles sur le consentement, la responsabilité et la réparation, en faisant un support pertinent pour sensibiliser aux violences sexuelles.


TW : VSS et spoilers.

DE QUOI ÇA PARLE ? 

Alec et Nina doivent réaliser un exposé multimédia sur l’addiction à la pornographie. Sauf qu’Alec est aussi le cadreur de son père dans toute sa production de contenu pour adultes sur Internet. Alec a 17 ans, mais a grandi dans l’univers du porno (la faute à deux parents dans le métier). S’il n’est heureusement pas question d’inceste avec le daron (même si, franchement, le contexte familial est poisseux), le film va s’attacher à montrer comment le jeune homme est pressé de couper les ponts avec les traditions familiales. 

Mais le vrai sujet du film, suggéré par la catchline « le vrai hardocre, c’est la tendresse », c’est autre chose…

POURQUOI C’EST BIEN ?

Parce qu’il montre ce qu’on ne voit jamais au cinéma ! Un (beau) jeune homme, une jeune femme forte et féministe, un début de relation d’une douceur et d’une tendresse folle qui débouche QUAND MÊME sur un dépassement de consentement

Eh oui, la première baise des deux tourtereaux n’est pas idyllique… D’ailleurs, Nina quitte la maison sans demander son reste, alors même que « l’acte » n’est pas un coït et que Nina a encore la moitié de ses vêtements. Oui. Vous avez bien lu, le film montre précisément ce genre de « zone grise » (qui n’en sont jamais). La zone des « victimes sans coupables » ?

D’ailleurs, un travail de médiation sera sûrement nécessaire pour débriefer cette scène auprès d’un public encore trop peu éduqué : est-ce une agression sexuelle ? Comment le consentement est-il géré à cette occasion ? Que dit la loi ?

Cet événement arrivant au tiers du film, on se doute que Nina ne va pas rester fâchée. Alec, qui comprend qu’il a été trop loin, va alors tenter de s’excuser. Tout en essayant de « boire pour oublier ». Eh oui, la fille n’est pas folle (on veut dire par là qu’Alec ne la gaslight pas) ! L’homme le reconnaît et présente ses excuses. Les accepterat-elle ? L’un des enjeux de la suite du long-métrage sera de savoir comment cette relation peut être réparée (le peut-elle seulement ?).

On est vraiment loin d’une scène de viol, mais on met le doigt sur une des innombrables variantes de violences sexuelles. Et c’est criant de réalisme. 

Le film évite un male-gaze alors même qu’une grande partie du film montre le tournage de scènes porno, les actrices sont très nues mais leurs personnages ont un vrai rôle (notamment dans la fragilisation de l’emprise du père sur le fils). Leur corps n’occupent pas la place centrale dans l’image. Pas de surprise : c’est une réalisatrice aux commandes !

EST–CE QUE C’EST RDR ?

On est tombé sur ce film un peu par hasard, en lisant le post Facebook que Céline Tran (ex-Katsuni) a publié à son propos. Un film pour briser le tabou du consentement ? Ni une ni deux, on s’est jetés sur la première séance venue (merci La Baleine de diffuser ces petits films qu’on ne trouve nulle part à Marseille !). Il faut dire que le consentement et ses représentations, c’est un sujet qui nous anime (How to have sex ou Un monde plus sale que moi, par exemple). Et l’idée d’avoir cette fois une perspective masculine, c’estàdire (dans plus de 90% des cas) d’auteur de violence sexuelle, nous a séduits

Le principal reproche qu’on pourrait faire au film, c’est qu’il n’y a pas besoin d’être élevé dans le porno pour devenir auteur de violences sexuelles. Au contraire, c’est peut-être toute cette expérience qui permet à Alec de réaliser bien vite qu’il a mal fait quelque chose. Un personnage à l’histoire plus commune aurait peut-être même pu renforcer l’identification au jeune garçon, et éviter une interdiction aux moins de 16 ans. 

Truly Naked est un film de Muriel d’Ansembourg sorti le 15 avril 2026 au cinéma. Distribué par Shellac, il réunit Caolán O’Gorman, Andrew Howard, Alessa Savage, Safiya Benaddi, Lyndsey Marshal et dure 1h42.

C’est un film à voir !

 

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