« Et là, vient la première crise, ton ventre se contracte de plus en plus fort jusqu’à ce que tu ne puisses plus rien faire que te recroqueviller sur toi–même avec la sensation d’avoir des milliers de couteaux dans le ventre et une seule envie, en finir avec toi–même pour ne plus jamais ressentir cette douleur. » Ce témoignage est loin d’être un cas isolé. Chez les usager·es régulier·es de kétamine, les douleurs abdominales sont communes. Appelées « k-cramps », « k-pain », elles peuvent varier en intensité, mais sont très souvent décrites comme extrêmement fortes et très handicapantes. Elles se manifestent par des spasmes et douleurs très intenses, des vomissements, de la diarrhée…
« J’ai cru mourir tant la douleur était insoutenable »
Elles fonctionnent souvent en « crise », c’est-à-dire qu’elles se produisent pendant des périodes plus ou moins courtes, et il est très difficile de les soulager. « À part boire chaud et attendre, y a rien à faire », témoigne un·e usager·e. « Je fais des grosses crises de k-cramps. Un sujet complètement méconnu du corps médical et c’est un gros problème ! Je suis déjà allée aux urgences à cause de ça, j’ai cru mourir tant la douleur était insoutenable », témoigne une autre. Elles sont également souvent assimilées à ce que les consommateurices appellent « une crise d’alien » ou encore « un glaçage ». « J’en suis arrivée à avoir des douleurs à la ké, ce qu’on appelle un “alien” ou un “glaçage”. Ce sont vraiment des douleurs horribles », raconte une usagère.
Un problème aux diverses origines
N’ayant, jusqu’ici, pas fait l’objet de recherches très poussées, elles sont un phénomène encore peu connu. Leur cause exacte n’étant pas avérée, elles sont attribuées à diverses origines. D’abord, au fait que la kétamine irrite les muqueuses, donc la muqueuse digestive, provoquant des symptômes semblables à ceux d’une gastrite et allant jusqu’à l’ulcère. Des usager·es identifient aussi que cela se produit quand on « avale la coulante », c’est-à-dire quand la kétamine coule dans la gorge après un sniff et qu’elle atterrit ainsi dans l’estomac.
Elles pourraient aussi résulter de la métabolisation de la ké par le foie, entraînant son passage dans les reins et la vessie où elle peut provoquer de sérieux problèmes urinaires et néphrologiques. Les k-cramps pourraient donc être les répercussions de tous ces problèmes additionnés.
Dans tous les cas, elles sont un signal que la kétamine a des conséquences néfastes sur ton corps ! Au début d’un usage régulier, l’arrêt ou la mise en pause de la consommation permettra de faire disparaître les symptômes et, dans la plupart des cas, d’endiguer les dommages réversibles. Malheureusement, à part éviter de consommer et boire des boissons chaudes, aucune solution n’existe pour les arrêter.
Si la conso se poursuit, ton corps risque de subir des dommages irréversibles !
Si tu sens que tu commences à avoir un ou plusieurs des symptômes évoqués, n’aie pas peur de demander de l’aide ! Si tu as un·e médecin de confiance, n’hésite pas à lui en parler et si ce n’est pas le cas et que tu es démuni·e face à ta conso, tu peux prendre rendez-vous dans le Csapa le plus proche de chez toi, ou te rapprocher de l’asso de RdR la plus proche.
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