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Alcool : quels risques pour quels mélanges ?

Publié le 26 janvier 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #alcool

L’alcool est la drogue la plus consommée en France ! Mais alors qu’on compte aujourd’hui 1 million d’usager·es de cocaïne et 5 millions d’usager·es de cannabis en France, intéressons- nous aux interactions entre l’alcool et les autres drogues. Toutes ces informations sont issues du site Mixtures.info qui est une mine d’or d’informations. En voici une version synthétique, mais d’autres substances sont répertoriées sur le site Internet (DXM, PCP, ISRS, IMAO), on vous invite à le visiter !

 

ALCOOL ET AMPHÉTAMINES

  • Mélange risqué.
  • Ce sont deux substances opposées : l’alcool est un dépresseur et les amphétamines un stimulant, leurs effets vont s’atténuer. C’est un mélange risqué, notamment parce qu’il pousse à la consommation : en diminuant les effets de l’ivresse, on risque de boire plus, et en réduisant les effets des amphétamines, on peut consommer plus.
  • Les amphétamines donnent une FAUSSE SENSATION DE SOBRIÉTÉ qui expose à une surdose au moment où les effets stimulants disparaissent. L’ivresse réelle n’est pas atténuée : augmentation du temps de réaction,  coordination des membres en vrac, etc. Cela peut entraîner des accidents (de la route, de la vie).
  • Ce sont deux substances qui déshydratent fort, boire de l’eau toute la soirée permet d’éviter les risques d’hyperthermie.

 

ALCOOL ET BENZODIAZÉPINES

  • Mélange dangereux à éviter absolument.
  • Ce sont deux substances de la famille des dépresseurs, leurs effets sont multipliés par consommation simultanée. Les risques aussi. 
  • Les deux produits stimulent les récepteurs GABA dans le cerveau. Les effets se cumulent et se renforcent, les seuils de tolérance sont abaissés, et le risque de surdose explose. Comparable à celle de l’alcool (tremblements, sueurs), l’installation de la dépendance est assez rapide.
  • Les effets dépresseurs et anxiolytiques se multiplient, ce qui peut se traduire par : euphorie, indifférence, manque de coordination, trouble de la mémoire (blackout). Sont aussi rapportés : vomissements, désinhibition pouvant impliquer des actes violents ou délictueux.
  • Un des mélanges privilégiés par les agresseurs lors des cas de soumission chimique car l’état de vulnérabilité est maximal.

 

ALCOOL ET CATHINONES (3-MMC, 2-MMC, 3-CMC, NEP…)

  • Mélange risqué.
  • Ce sont deux substances opposées (les cathinones sont des stimulants), certains effets peuvent être augmentés et d’autres masqués. Ces infos sont vérifiées pour pour la 3-MMC et la méphédrone, pensez à faire analyser vos produits pour savoir si votre drogue est bien celle que vous pensez (liste des dispositifs d’analyse en France ici).
  • Augmentation de la déshydratation (et des risques liés à l’hyperthermie).
  • Alcool et 3-MMC pourraient provoquer de la tachycardie. Des passages aux urgences pour des nausées, des hallucinations et des troubles cardiaques ont été rapportés, sans que l’on sache si ce mélange est le seul responsable.
  • Des tests sur des rongeurs ont montré que l’alcool augmente le potentiel addictif de la méphédrone. Et que le mélange alcool + méphédrone était plus neurotoxique que les deux substances prises séparément.

 

ALCOOL ET CANNABIS

  • Ce sont deux substances dont les effets sont multipliés ou fortement modifiés lorsqu’elles sont consommées en même temps. Attention, on parle de la plante de cannabis et pas des cannabinoïdes de synthèse !
  • Le cannabis est très versatile : il est à la croisée des 4 grandes familles de drogues (stimulants, dépresseurs, hallucinogènes, neuroleptiques). Il est composé de plus d’une centaine de cannabinoïdes dont les plus connus sont le THC (plutôt psychoactif) et le CBD (plutôt anxiolytique). Les taux de cannabinoïdes sont variables d’une plante à l’autre et peuvent provoquer des effets différents. 
  • Augmentation du temps de réaction
  • Le mélange alcool et cannabis provoque une ivresse décuplée (plus forte). La combinaison des deux substances altère davantage le cerveau que chaque substance prise séparément. 
  • La frontière est fine entre effets cool et effets pas cool.
  • Le mode de consommation du cannabis a son importance : ingéré, les effets sont plus longs (une dizaine d’heures) et peuvent être puissamment hallucinogènes. 

 

ALCOOL ET COCAÏNE

  • Ces deux substances étant de familles opposées (stimulants/dépresseurs), certains effets sont atténués et d’autre augmentés
  • C’est un mélange risqué : la consommation de ces deux produits présente des risques non négligeables.
  • La coconsommation d’alcool et de cocaïne crée une troisième substance : le cocaéthylène, dont les effets sont plus longs que ceux de la cocaïne seule et la demi-vie est aussi 3 à 5 fois plus longue. Le cocaéthylène est 18 à 25 fois plus cardiotoxique que la cocaïne (qui est déjà cardiotoxique), il augmente de 30% la concentration sanguine de cocaïne.
  • C’est un mélange risqué mais très répandu : la cocaïne masque les effets dépresseurs de l’alcool, et l’alcool diminue les effets stimulants de la cocaïne. Les effets de la cocaïne étant moins longs que ceux de l’alcool, toute l’ivresse peut « revenir d’un coup », et il y a risque de surdose (coma éthylique, par exemple).
  • Une fois l’habitude alcool + cocaïne prise, la consommation d’alcool peut déclencher des cravings de cocaine.

 

ALCOOL ET GHB/GBL

  • C’est un mélange dangereux à éviter absolument  : la consommation de ces deux substances présente d’importants risques physiques et mentaux.
  • Ces deux substances appartiennent à la famille des dépresseurs, et leurs effets se cumulent très fort (on parle de potentialisation). Les deux produits stimulent les récepteurs GABA dans le cerveau, leurs effets se cumulent et se renforcent, les seuils de tolérance diminuent et le risque de surdose explose. Comparable à celle de l’alcool (tremblements, sueurs), l’installation de la dépendance est assez rapide, les effets montant et descendant également plus rapidement.
  • Le mélange peut augmenter le temps de réaction et entraîner sédation, perte de mémoire, vomissements, nausées, perte de motricité, endormissement, perte de connaissance, dépression respiratoire (et dans le pire des cas : la mort). Le risque de s’étouffer avec sa langue ou avec son vomi est énorme. C’est une urgence vitale : appelez les secours.
  • La PLS est alors indispensable, mais c’est surtout une urgence qui nécessite une surveillance accrue et l’intervention des secours pour éviter tout drame.
  • Il est aussi possible de faire « n’importe quoi » dans une phase maniaque, de crier, se désaper, faire de la violence, embrasser ou engager des relations sexuelles avec des gens (des violences sexuelles). Si quelqu’un en état de vulnérabilité chimique (complètement défoncé) vous aborde, c’est votre devoir de refuser ses avances et de ne pas profiter de sa vulnérabilité.

 

ALCOOL ET KÉTAMINE

  • Potentialisation : les effets de ces substances sont multipliés ou fortement modifiés par cette combinaison.
  • Dangereux : cette coconsommation présente d’importants risques physiques ou mentaux.
  • Les deux substances ayant des effets dépresseurs, leurs effets se cumulent, le temps de réaction augmente, les risques de surdose s’accentuent et les seuils de résistance diminuent.
  • Possiblement : nausée, confusion, vomi, blackout, angoisses, ressenti sombre.
  • La respiration n’étant pas perturbée par la kétamine (mais par l’alcool, oui, à haute dose), il est possible de s’étouffer avec son vomi sans nécessairement avoir perdu connaissance. Le boucheàbouche est alors très compliqué car les voies aériennes (poumons, trachée) peuvent être « remplis » de vomi (ou de nourriture). C’est pourquoi il ne faut pas manger en prenant de la kétamine et mettre les personnes en PLS si elles font un K-hole. ET LES SURVEILLER !

 

ALCOOL ET LSD

  • Atténuation : ces substances sont antinomiques et leurs effets peuvent s’atténuer.
  • Vigilance, même si c’est un mélange qui semble présenter moins de risques que d’autres. 
  • Certaines personnes considèrent que l’alcool est un trip killer. L’ivresse de l’alcool peut prendre le pas sur celle du LSD, ce qui peut donner envie de reprendre du LSD pour en ressentir les effets.
  • C’est un mélange qui est peu renseigné, on a surtout des Trip Reports. 

 

ALCOOL ET MDMA (TAZ, ECSTASY)

  • Tendance mixte puisqu’il s’agit de substances de familles opposées (alcool = dépresseur / MDMA = stimulant et hallucinogène). Certains effets peuvent être atténués et d’autres augmentés.
  • Risqué : mélange qui présente des risques non négligeables !
  • L’alcool augmente la concentration de MDMA dans le sang et produit des effets plus longs.
  • L’effet stimulant peut faire baisser la sensation d’ivresse due à l’alcool. Impression de fausse sobriété qui peut pousser à la surconsommation.
  • C’est un mélange qui provoque une forte désinhibition, facilitant les abus de MDMA et d’alcool ! (risque de blackout, surdose). La pratique du consentement est fortement altérée. Ne profitez pas de la vulnérabilité chimique des personnes : refusez les avances.
  • Alcool et MDMA sont deux substances qui déshydratent fort, la déshydratation peut entraîner une hyperthermie. C’est pour ça qu’il faut boire, tout au long de la soirée et pas seulement au début ou à la fin. Évitez d’ailleurs de boire de trop grosses quantités en une seule fois.

 

ALCOOL ET OPIACÉS (HÉROÏNE, OPIUM ET MÉDICAMENTS)

  • Substances de la même famille (dépresseurs), les effets s’additionnent ! 
  • Mélange dangereux : risques physiques et mentaux non négligeables. 
  • Le seuil de résistance aux deux substances diminue et le risque de surdosage augmente.
  • Cumul des effets de sédation provoqués par les opiacés. Augmentation du temps de réaction, risques de somnolence, confusion, anesthésie, blackout et vomissements..
  • Attention, les surdoses peuvent être mortelles car elles provoquent des nausées, des pertes de connaissance, et réduisent le réflexe de toux et de respiration. Si le risque principal est la dépression respiratoire, celui  de s’étouffer avec sa langue ou son vomi existe ! Et vomir dans son sommeil ou inconscient, ça peut vraiment être mortel.
  • Pensez à vérifier vos traitements antidouleur : les Codoliprane®, Dafalgan Codéine®, Lamaline®, Izalgi®, Tramadol® contiennent des opiacés ! 
  • L’alcool accélérerait la libération des médicament opiacés, ce qui diminuerait la durée de leurs effets (retour plus rapide des douleurs ou du manque).

 

ALCOOL ET PROTOXYDE D’AZOTE  (BALLONS)

  • Potentialisation : les effets se cumulent ou sont grandement modifiés.
  • Vigilance, même si ce mélange semble présenter moins de risques que d’autres.
  • Augmente la sensation d’ivresse, le temps de réaction et la perte de contrôle. 
  • Les deux produits étant sédatifs, leur cumul accroît les risques de chute, de vomissements, de blackout. 
  • Encore une fois, le risque de vomissements causé par l’alcool présente un danger mortel quand on est allongé ou somnolent.

 

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