KEPS - Sniff, quelles complications ? - David Dennis - Flickr / Wikipedia
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Sniff : quelles complications ? (et comment les éviter)

Publié le 25 février 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #sniff

Vous n’avez pas pu passer à côté de la vidéo de Paris Jackson (la fille de Michael) qui s’exprime face caméra pour dire que la drogue, c’est de la merde et qu’il ne faut surtout pas commencer. Exhibant sa paroi nasale perforée afin d’appuyer son propos. Parlons un peu des conséquences du sniff sur un nez fatigué.


Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite

  • Sniffer, ça ne “fait pas que monter” : ça peut abîmer sérieusement le nez.
  • Saignements, sinusites, perforation : les signaux arrivent souvent sans douleur.
  • Plus on réagit tôt, plus on limite la casse — prendre soin, ce n’est jamais trop tard.

Un nez qui sniffe, c’est souvent un nez qui souffre. Faut dire que le bougre n’est pas fait pour « priser », comme disaient nos ancêtres. Toutes ces sollicitations délictueuses vont participer à l’user un peu plus. Au bout de plusieurs années de consommation (beaucoup moins si cette dernière est quotidienne), des troubles, sérieux, peuvent apparaître.

SAIGNEMENTS DE NEZ

Les premiers symptômes sont les saignements du nez. Les épistaxis, comme disent les professionnels, peuvent être provoqués par le matériel de sniff, le produit, ainsi que par la vasoconstriction provoquée par la cocaïne, par exemple. Abondants ou non, ces saignements de nez vont former des croûtes en coagulant. Ces croûtes (qui participent au processus de cicatrisation et de défense de l’organisme) vont être chahutées et peuvent s’ouvrir ou s’arracher lors de sessions de conso, mouchages trop puissants, doigts dans le nez trop profond, ce qui occasionnera un temps de cicatrisation encore plus long. Ces saignements et ces croûtes peuvent provoquer des démangeaisons. Enfin, la cocaïne agissant comme un anesthésiant local, ces saignements sont indolores, et ces lésions peuvent dégénérer en ulcères, inflammations ou micro-abcès qui peuvent s’infecter si elles ne sont pas traitées avec soin.

Comment les éviter ? En sniffant le moins possible, évidemment ! Sinon, il faut bien nettoyer son nez après chaque session de conso (sérum physiologique ou simplement de l’eau salée et un mouchage sont bienvenus), en espaçant les sessions le plus possible. Si les narines sont douloureuses, une crème cicatrisante peut être appliquée au coucher après avoir nettoyé les plaies avec un antiseptique sans alcool. Si le nez est très atteint mais que l’arrêt de la consommation n’est pas envisageable, testez le kit MAD (ou spray nasal), un dispositif qui permet de dissoudre le produit/la substance et de le/la vaporiser sous forme de brume dans votre cavité nasale (sans paille et sans poudre, donc avec un risque réduit de lésions).

SINUSITES À RÉPÉTITION

Certaines personnes rapportent également des sinusites à répétition après les sessions de consommation. Les sinus sont des espaces creux dans le crâne qui sont, normalement, remplis d’air. On parle des sinus de la face, on en a sous les yeux, sur le front et derrière et autour du nez (beaucoup plus simple à visualiser avec un schéma). Une sinusite est donc une inflammation des sinus causée par une infection (qui peut être virale ou bactérienne), qui peut provoquer des maux de têtes, des fièvres ou/et des congestion nasales très importantes.

« L’infection provoque une production de mucus par la muqueuse des sinus. Si le mouchage ne parvient pas à évacuer le mucus contenant l’agent infectieux, le mucus s’épaissit et la muqueuse devient très inflammatoire ; ce qui bloque la communication entre les sinus et les fosses nasales. Le mucus ne peut plus s’écouler et la pression dans les sinus augmente. Les symptômes de sinusite apparaissent. », détaille Ameli.fr.

Certaines personnes sont injustement plus sujettes que d’autres aux sinusites. Pas de chance ! Attention, se gaver d’antibiotiques réduit la capacité du système immunitaire à faire face, seul, aux bactéries. Il convient donc de ne pas outrepasser l’avis d’un médecin.

PERFORATIONS NASALES

Reste enfin la fameuse perforation nasale. Qui peut même être une perforation « naso-palatine » entre les fosses nasales et la bouche, traversant le palais. Une affection qui peut arriver vite (si l’usage est régulier, répété et massif) mais qui peut aussi prendre son temps et apparaître après dix ans de sniff tranquille. Dans la thèse de Vincent Romao, « Consommation de cocaïne et perforation naso-palatine », 59% des patients observés déclarent une durée de consommation moyenne de 9,7 années (ça va vite !). 

La perforation nasopalatine peut entraîner des difficultés d’élocution et des fausses-routes. C’est une affection qui survient encore une fois sans douleur, par l’irritation durable et répétée des tissus mous et durs de la cavité nasale. Tous les patients compilés de ce travail de thèse présentaient systématiquement une atteinte septale (perforation de la paroi entre les deux narines) était recherchée elle était systématiquement positive. 

Une atteinte qui peut aussi être asymptomatique (ne pas provoquer de symptômes). Si elle ne fait pas forcément mal, la perforation va provoquer (entre autre) des changements dans le flux d’air inspiré. Anarchique lors du sniff, ce flux d’air entraîne le dépôt de poudres sur des zones d’ordinaire préservées (lorsque le flux d’air est normal), menaçant encore davantage les tissus. 

RÉAGIR DÈS LES PREMIERS SYMPTÔMES

Comme le souligne Vincent Romao, « La perforation de la muqueuse palatine semble donc être secondaire à l’atteinte septale, ce qui permet d’expliquer sa présence systémique dans tous les cas rapportés dans ce travail. Les patients et consommateurs devraient être avertis de la gravité de situation et des possibles complications dès l’apparition de ces signes cliniques de sifflement, rhinite croûteuse ou épistaxis. »

Et ce, d’autant que « Du fait de l’augmentation de la consommation de cocaïne en Europe et de ses effets locorégionaux, l’ensemble des spécialistes de la cavité orale s’accordent sur une augmentation des cas à traiter présentant une perforation naso-palatine. »

« Pourtant, poursuit-il, la prise en charge n’est pas codifiée ni standardisée et dépendante de nombreux facteurs liés à sa consommation et à son sevrage. Il persiste ainsi des échecs thérapeutiques et de surveillance avec de nombreux perdus de vue. » 

En résumé, si vous sniffez de la cocaïne, ménagez et surveillez votre nez.

Pour éviter saignements et autres sinusites, mais surtout les perforations nasales dont la prise en charge n’en est encore qu’aux balbutiements. 

Si vous allez voir un médecin, sachez qu’il y a de très grandes chances que sa première réflexion soit de vous dire qu’il faut arrêter. Et il ou elle aura sûrement raison. Ne le prenez pas pour vous, cela ne doit pas être un frein à votre prise en charge et à votre bonne santé. Si l’idée d’arrêter vous est insupportable, c’est peut-être l’occasion de discuter avec des professionnel·les de la dépendance.


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