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KEPS - Sniff : coment ça marche (quels risques) - Juan Àlvarez Ajamil / Unsplash

Sniffer : comment ça marche ? (et quels risques ?)

Publié le 18 février 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #modes-de-consommation #sniff

Tu sniffes la cocaïne ? Sache que tu n’es pas le/la seul·e… L’OFDT a chiffré à 1 million le nombre de consommateurs (et de consommatrices) régulier·es de cocaïne en 2025, et très récemment, le marché de la cocaïne a dépassé celui du cannabis en termes de chiffre d’affaires en France. On vous a déjà donné 10 conseils pour réduire les risques si tu tapes des traces, alors aujourd’hui, place aux infos. Et pas seulement autour de la C…


Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite

  • Sniffer, ce n’est ni nouveau ni anodin : ça fait entrer le produit par une muqueuse fragile, pas prévue pour ça.
  • Le sniff n’empêche ni la surdose ni les complications : le nez, la gorge et même le cerveau peuvent trinquer.
  • Réduire les risques, c’est possible avec du matériel propre et en restant à l’écoute de ce que ton corps te raconte.

DEPUIS QUAND ON SNIFFE ?

En fait, sniffer, c’est le mot populaire pour l’inhalation, qui veut dire pénétration d’une substance dans l’organisme par les voies respiratoires. Le mot « sniff » permet d’éviter les confusions avec d’autres inhalations (de gaz ou de fumée par exemple). Concrètement, on aspire une poudre par le nez. Ça n’a rien de nouveau, par le passé, on disait « priser » (mot existant depuis 1807) et à l’époque, on prisait surtout du tabac. Le geste est resté ancré dans certaines cultures, en Allemagne par exemple, se vend toujours une poudre blanche mentholée mais dénuée d’effets psychoactif à sniffer entre copain·es. Même si ce n’est pas un produit de grande consommation en Allemagne, on note une différence culturelle très marquée ; on se souvient du scandale provoqué par la commercialisation du Sniffy à l’été 2024. 

LA THÉORIE DU SNIFF

Toujours est-il que lorsqu’on sniffe, on cherche à faire passer un produit en poudre à l’intérieur du corps dans le cerveau grâce au passage dans le sang. Passage qui se négocie au niveau des muqueuses nasales. On parle de la cavité ou du cornet nasal (à voir sur ce schéma). Cette zone est tapissée de microvaisseaux sanguins (les capillaires), c’est une muqueuse. D’ailleurs, fun-fact : la muqueuse nasale est à la base un filtre visant à éviter aux substances nocives de rentrer dans l’organisme (celles-ci, bloquées par les poils du nez, se piègent dans le mucus qu’on crache ou mouche). L’utilisation qu’on en fait quand on tape des traces est donc… une utilisation pirate ! 

LE SNIFF, COMMENT ÇA MARCHE ?

Le produit est aspiré, traverse la narine et vient tapisser la cavité nasale. Rapidement, les principes actifs passent dans le sang grâce aux capillaires (de tout petits vaisseaux sanguins). Suite au passage dans le sang, les produits arrivent au cerveau. Dans le même temps, le mucus décolle les poudres de la cavité nasale qui coulent dans la gorge selon une vitesse variable (c’est la coulée). 

En bref, c’est une ROA (Route of administration, mode d’administration) qui permet une absorption rapide. Mais si la montée est rapide aussi (de l’ordre de quelques minutes), la biodisponibilité n’est pas la meilleure, car on n’absorbe jamais 100% du produit (mais elle est variable selon les produits). La durée des effets dépend, elle, du produit et de la quantité consommée. On sait qu’une montée rapide peut provoquer de la compulsion et favoriser l’apparition de conduites addictives. La vigilance est donc de mise (Accro au sniff ?).

QUELS RISQUES SPÉCIFIQUES AU SNIFF?

Déjà, mettons fin à une idée tenace : le sniff n’empêche pas les surdoses. Ensuite, soyons plus spécifiques : le nez (et tout ce qui se trouve derrière) s’use. Tu as sûrement déjà entendu parler du trou de la cloison nasale. C’est un vrai problème qui peut se poser ! La perforation peut même concerner la membrane entre le nez et le palais (joliment appelée perforation nasopalatine). Deux problèmes qui apparaissent presque sans douleurs (la cocaïne étant un anesthésiant local, elle bloque les sensations douloureuses), comme le rapporte le Dr Vincent Romao dans sa thèse « Consommation de cocaïne et perforation naso-palatine ». On vous parlait de ces risques dans l’article Consommer de la cocaïne : quels risques pour la sphère ORL ? qu’on vous invite à consulter. 

Ensuite, il y a les risques infectieux,  consommer des drogues fragilise le système immunitaire, nous rendant plus vulnérables face aux bactéries (responsables des gastro, méningites, sinusites et autres joyeusetées du genre) et aux virus (tels que le VIH, le VHC ou le VHB). La muqueuse olfactive est une porte d’entrée vers le système nerveux central. Pour limiter les risques : support propre, cartes dédiées et 1 paille = 1 nez = 1 sniff. Comment sniffer proprement ? Le monde merveilleux du Roule-ta-paille 


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