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Témoignages | K-cramps : la douleur que personne ne voit

Publié le 29 avril 2026 par Léa

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Cet article parle de : #ketamine #temoignage

Si tu consommes de la kétamine régulièrement et en grande quantité, tu as peut-être déjà expérimenté de très fortes douleurs abdominales — généralement appelées k-cramps, aliens ou k-pain. Les usager·es régulier·es témoignent de crises très violentes, difficiles à soulager, et souvent totalement incomprises au premier abord. À ce jour, il n’existe pas de traitement établi et quasiment aucune recherche sur le sujet. Deux personnes témoignent ici de ce qu’elles ont traversé : la brutalité des premières crises, la difficulté d’être pris·e au sérieux, et les stratégies mises en place pour tenter de tenir.

K-cramps : ce qu’il faut retenir, 3 points

  • Les k-cramps semblent liées à une atteinte des canaux biliaires. Les rares études disponibles montrent que ces canaux sont anormalement dilatés chez les personnes qui en souffrent — une anomalie qui semble réversible à l’arrêt de la consommation.
  • La douleur peut pousser à reconsommer. Les k-cramps sont parfois interprétées comme un symptôme de sevrage : pour soulager la crise, certaines personnes reprennent de la kétamine, ce qui rend l’arrêt d’autant plus difficile.
  • La prise en charge médicale reste difficile. Beaucoup de consommateur·rices rapportent une consultation peu investie dès que les consommations sont mentionnées. Consulter un·e gastro-entérologue ou un·e urologue reste la meilleure piste.

Si tu consommes de la kétamine régulièrement et/ou en grande quantité, tu as peut-être déjà expérimenté de très fortes douleurs abdominales, insupportables, généralement appelées : aliens, k-pain ou encore k-cramps.

K-cramps et consommation de kétamine : pourquoi ces douleurs apparaissent ?

Les usager·es régulier·es témoignent de douleurs plus ou moins fréquentes, sous forme de crises très violentes, difficiles à soulager et souvent totalement incomprises au début. La première fois, beaucoup ne savent pas ce qui leur arrive et se retrouvent complètement démuni·es face à l’intensité de ce qu’iels vivent. À ce jour, il n’existe pas de traitements et presque aucune recherche à ce sujet. Ce que l’on sait, c’est que les rares études disponibles pointent vers un problème au niveau de la vésicule biliaire et des canaux qui transportent la bile dans le corps. Chez les personnes qui souffrent de ces crampes, des examens d’imagerie médicale ont montré que ces canaux étaient dilatés c’est-à-dire anormalement élargis. La bonne nouvelle, c’est que cette dilatation semble disparaître quand la personne arrête de consommer de la kétamine. Ces crampes sont aussi parfois interprétées comme un symptôme de sevrage, poussant les personnes à reconsommer pour soulager la douleur ce qui rend l’arrêt d’autant plus difficile.

Une douleur très compliquée à gérer

De nombreux·ses consommateur·rices racontent une prise en charge médicale difficile, des cas de maltraitances souvent dus à une stigmatisation des consommateur·ices. Malgré la consultation de spécialistes, la douleur reste très compliquée à gérer. L’arrêt ou la diminution des consommations semblent aujourd’hui être la meilleure solution.

On vous invite à lire notre article sur KEPS  plus complet sur le sujet : Les K-cramps : un sujet encore méconnu

Voici deux témoignages racontant chacun à leur manière ce que c’est que de traverser ça : la brutalité des premières crises, le sentiment d’être démuni·e face à quelque chose qu’on ne comprend pas, la difficulté à être pris·e au sérieux, et les petites stratégies qu’on finit par mettre en place pour tenter de s’en sortir. Des vécus différents, mais une même réalité intense, épuisante, et encore trop peu reconnue.
Si vous avez besoin de soutien, on peut aussi en discuter avec vous. On espère qu’en publicisant ce sujet, des recherches seront menées pour pouvoir soulager celleux qui souffrent. Et on espère surtout que ces témoignages vous aideront à vous sentir moins seul·e dans ces moments difficiles.

« J’ai l’impression qu’on m’arrache les organes de l’intérieur »

« Perso j’ai eu ma première crise en juin 2024, je comprenais pas ce qu’il m’arrivait. J’ai cru qu’on m’arrachait l’estomac de l’intérieur. Et depuis, petit à petit, mon état de santé s’est dégradé. Des mois où j’allais bien, mais d’autres où j’étais complètement épuisé·e et incapable de faire quoi que ce soit. Aujourd’hui j’ai des problèmes au niveau de la vessie, je ne peux plus dormir plus de 2 heures d’affilée car j’ai constamment envie d’uriner. Une sensation d’aiguille dans l’urètre en permanence, je ne peux plus me tenir droit·e debout car ça provoque des tensions musculaires affreuses dans l’abdomen. Perte de caillots sanguins dans les urines, et une sensation de paralysie dans les jambes. J’ai l’impression qu’on m’arrache littéralement les organes de l’intérieur. »

Ce premier récit nous montre comment les k-cramps peuvent s’inscrire dans la durée et toucher le corps bien au-delà des seules douleurs abdominales. Dans le deuxième témoignage, X nous raconte une autre facette : apprendre à vivre avec, anticiper les crises et trouver ses propres solutions. 

Vivre avec les k-cramps 

« Tu craches les coulantes tant que possible, tu bois bien »

« J’ai vécu plusieurs stades de k-cramps je dirais. Les premières où tu sais pas ce qui t’arrive tu te sens percé·e du ventre jusqu’au dos, tout ton buste se crispe et t’appelles le Samu. La prise en charge, de mon expérience, est toujours aimable mais pas investie à partir du moment où on évoque une « toxine » à leurs yeux. Et le truc fou : plus tu retardes le moment où tu dis que c’est la k qui t’a mis dans cet état, plus on te prend au sérieux.
Et puis après tu y es préparé·e. Tu évites du mieux que tu peux, tu craches les coulantes tant que possible, tu bois bien mais malgré nous, il y a toujours un moment d’inattention et c’est reparti. Une nouvelle kramp. On y est tous et toutes sujet·tes, à plus ou moins grande ampleur, mais c’est pas à prendre à la légère.
Mes seuls « remèdes » : de l’eau tiède, une bouillotte sur les lombaires, une bouillotte sur le ventre en cas de grosse crise. Et les aides médicamenteuses existent : Oméprazole® dans l’urgence mais à ne pas utiliser tout le temps ! Ésoméprazole® (sur ordonnance) Pantoprazole® (sur ordonnance). »

Quelques conseils pour essayer de limiter les douleurs : 

  • Arrêter ou diminuer la conso si possible
  • Faire une pause
  • Ne pas consommer à jeun
  • Éviter les mélanges avec l’alcool ou d’autres produits
  • Consulter un médecin spécialisé, gastro ou urologue

♡ Prenez soin de vous ♡

Quelques ressources : 

La kétamine c’est quoi ? Par Techno + 

 



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