Dans le témoignage du jour, X nous raconte comment sa vision des espaces festifs a changé en vingt ans. Du premier festival, à peine adolescente, à côté de la maison avec les parents, aux free-parties. Il y est question de rite initiatique, de conscience des enjeux liés à la fête et aux discriminations. Éclairant !
« Il y a quelques semaines, je suis retournée dans le premier festival où ma mère m’a emmenée à 13 ans. À l’époque ça a été la révélation, ça faisait boum splash et plein d’étincelles dans ma tête !
Et puis c’est devenu le tout premier festival où je suis retournée sans l’injonction parentale : avec les potes sur le camping. Un véritable rite initiatique dans les premières consos.
Et en y revenant vingt ans plus tard (oopsie), j’ai réalisé que ce rite était toujours d’actualité : pas mal d’ados passablement ivres et euphoriques parfois à s’occuper l’un.e des autres, d’autres fois à se filmer en train de vomir, qui expérimentent la foule et l’effervescence festive pour sûrement la première fois.
Pourtant pas mal de choses ont changé depuis la dernière fois que j’ai mis les pieds dans ce festival : désormais il y a des associations présentes pour prévenir et lutter contre les violences sexistes et sexuelles (dont je n’avais aucune notion à l’époque tout en en étant victime) et des gros stands pour une célèbre marque de vodka et d’autres alcools dits « forts », mais aussi d’un autre côté plein de stands pour des softs (ça gros nouveau).
Mais par-dessus tout, ce qui a changé, c’est la fin du « boum splash et plein d’étincelles dans ma tête ! ». L’impression d’être dans une usine à fric m’a coupé l’expérience festive et le plaisir de m’y retrouver (même si là ok c’était cool et mims le temps fille/mère en milieu festif !). Je sais aussi que désormais les étincelles et les boum boum dans ma tête, je les retrouve dans des univers beaucoup plus militants et libertaires qui me correspondent : ceux de la free party.
À l’heure où le milieu de la free party est en danger, cette expérience récente en festival m’a fait réaliser qu’il est important de garder plusieurs et divers espaces « de rites initiatiques ». »
Pour en savoir plus sur les free parties vous pouvez retrouvez nos derniers articles sur le sujet :
💥 Fête libre, freeparty : au commencement étaient les sound systems jamaïcains
💥 Des rues de Kingston aux champs anglais : comment les sound systems ont façonné la fête libre
💥 Faire la fête, un crime ? Le tournant répressif de la loi free parties 2026
Les témoignages publiés sur KEPS et ses différents réseaux sociaux sont issus de notre communauté. Ils peuvent nous être envoyés par email, en messagerie privée, ou racontés de vive voix (et enregistrés puis retranscrits), ils sont le récit d’une expérience toujours subjective. Il convient de les prendre tels qu’ils sont : un morceau de la réalité d’une personne. La plus grande bienveillance est de mise et les propos tenus ici ne reflètent pas une position de Kepsmag ou de l’association Bus 31/32.