Il fait chaud, les températures ne font que grimper et l’angoisse aussi ! Face à cette catastrophe écologique qui nous impacte toustes très fortement. Surtout quand on doit bosser sous la chaleur, qu’on vit dans une passoire thermique, qu’on ne peut pas s’acheter une clim, et que les ventilos sont en rupture de stock partout !
Contrairement à ce qu’on a pu entendre sur certains plateaux TV : non, même si on est beaucoup à souffrir de la chaleur, ce n’est pas la même chose pour tout le monde.
Que ce soit les personnes souffrant de maladies chroniques, de douleurs, de pépins de santé et de problématiques liées à la santé mentale et aux troubles psy.
Pourquoi les personnes sous traitement psy sont plus exposées ?
Les personnes sous traitement sont plus sensibles aux fortes chaleurs, pour deux raisons :
- Les effets des traitements sur le corps ;
- La chaleur qui peut aggraver certains troubles.
Et soyons honnêtes : ces épisodes de canicule, ça peut vite raviver l’anxiété de base.
Les symptômes à surveiller
- Bouche sèche
- Diminution de la sensation de soif
- Mal de tête, tête qui tourne
- Augmentation de la sudation (ou au contraire, transpiration limitée selon le traitement)
- Difficulté du corps à réguler sa température
- Tolérance à la chaleur perturbée
- Risque de coup de chaud amplifié
- Sédation augmentée
- Photosensibilité
Les principaux traitements concernés
NB : il existe d’autres traitements qui, combinés aux fortes chaleurs, peuvent avoir des conséquences sur la santé mais ici, on fait un focus santé mentale (troubles psy, la régulation de l’humeur, la dépression etc.).
ISRS / ISRN (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine / et de la noradrénaline) : dérèglent le système sérotoninergique, qui joue un rôle dans la régulation de la température (Paroxétine®, Fluoxétine®, Sertraline®).
Antipsychotiques / neuroleptiques (comme le Tercian®) : surtout ne pas arrêter son traitement sans avis médical. Le risque de décompensation augmente pendant les grands épisodes de chaleur, comme celui d’hyperthermie
Certains antiépileptiques (topiramate, zonisamide) peuvent provoquer des troubles de l’hydratation.
Antidépresseurs tricycliques : limitent la transpiration, ce qui augmente le risque de coup de chaleur.
Somnifères (zopiclone, zolpidem) et anxiolytiques (lorazépam, bromazépam, oxazépam) : diminuent la vigilance et la capacité à adapter son comportement face à la chaleur (on oublie plus facilement de boire de l’eau).
Méthylphénidate : peut augmenter la chaleur corporelle.
D’autres molécules jouent aussi sur la thermorégulation centrale : sels de lithium, certains antimigraineux (triptans), la buspirone, ou des opioïdes comme le tramadol et l’oxycodone.
Attention particulière au lithium : en cas de déshydratation, le risque de surdosage (augmentation de la lithiémie) grimpe. Il faut :
- s’hydrater ++ ;
- surveiller les premiers signes de surdosage : tremblements, vertiges, nausées, confusion, soif ;
- faire des dosages plasmatiques réguliers.
En résumé : ce que fait la chaleur à ton corps et ta tête
- La chaleur perturbe la thermorégulation (la capacité du corps à réguler sa température).
- Elle impacte fortement le sommeil.
- Elle favorise la déshydratation et dérègle la sérotonine (le neurotransmetteur qui régule humeur, appétit, douleur…).
Les conséquences possibles :
Sur le plan cognitif
- Altération de la capacité à réguler ses émotions.
- Irritabilité, troubles de l’humeur (colère, agressivité, impulsivité).
- Augmentation de l’anxiété (tachycardie).
- Majoration du stress, exacerbation des symptômes existants.
- Risque d’arrêt du traitement.
Sur le plan physique
- Troubles du sommeil amplifiés par la chaleur, qui viennent s’ajouter à ceux déjà liés au trouble psy ou au traitement.
- Sédation (envie de dormir).
La chaleur, un amplificateur d’inégalités
Parlons-en, parce que c’est central : la chaleur ne touche pas tout le monde pareil, et avoir un trouble psy est un facteur de risque en soi face aux vagues de chaleur : qui peuvent amplifier des inégalités et des dynamiques d’oppressions déjà présentes.
Pourquoi ?
- Logement précaire : vivre dans une passoire thermique, sans clim ni ventilo (et sans les moyens d’en acheter) expose direct à des températures extrêmes que le corps n’arrive pas à réguler.
- Moins de capacité à s’adapter : la vigilance et le jugement sont parfois altérés par certains traitements (sédation, confusion), ce qui complique les gestes de base → penser à boire, à s’aérer, à se mettre à l’ombre.
- Isolement social : moins de proches pour veiller sur soi, relayer l’alerte canicule, ou juste checker que tout va bien.
- Accès aux soins et au suivi parfois plus difficile, alors que c’est justement le moment où une surveillance rapprochée (dosages, ajustements) est utile.
Bref : c’est un cumul de vulnérabilités sociales et médicales qui se renforcent mutuellement. Une personne sous traitement psy ET en situation de précarité est doublement exposée – c’est pas juste « une question de fragilité individuelle », c’est aussi une question de conditions matérielles.
Les réflexes à garder en tête
- Boire de l’eau régulièrement (et des électrolytes si besoin ; tu peux mélanger du jus de raisin avec un peu de sel ou faire un mélange sucre/miel, sel avec du citron par exemple).
- Éviter les efforts physiques aux heures chaudes.
- Ne pas s’exposer au soleil pendant les pics de chaleur.
- Ne jamais arrêter son traitement seul·e en cas de forte chaleur, même si ça semble contre-intuitif.
- En cas de doute ou de symptômes inhabituels, en parler à son médecin ou à son psychiatre.
- Appelez KEPS ou nous écrire !
Sources
Prends soin de toi et de tes proches sous traitement pendant les épisodes de canicule