Dernièrement, le DrugLab a trouvé une drogue inattendue dans deux analyses. Le 25C-NBOMe.
Les produits analysés étaient censés être du LSD, et heureusement que les personnes ont voulu s’en assurer avant de consommer !
C’est quoi le 25C-NBOMe ?
Avec la prohibition des drogues, nous voyons émerger énormément de produits dérivés des grands classiques comme le LSD, la MDMA ou encore les opioïdes.
On appelle ces nouvelles drogues de synthèse des « analogues », dont le seul but est de mimer les effets des drogues interdites et ce, dans un cycle a priori uniquement limité par l’imagination et la compétence des chimistes, et rythmé par les mises à jour de l’arrêté du 22 février 1990 qui définit les substances classées comme stupéfiants.
Le 25C-NBOMe est un dérivé du 2C-C qui, lui-même, a été synthétisé pour la première fois en 1983. Apparu sur le marché aux alentours de 2010, il fait partie de la grande famille des psychédéliques, et plus précisément des phénéthylamines. Cette molécule a donc des similarités physico-chimiques importantes avec la MDMA ou l’amphétamine, sans pour autant en avoir les effets.
Les effets du 25C-NBOMe
En termes d’effets, il se rapproche plutôt du LSD, à ceci près que les dosages sont bien différents et que les risques lors d’une surdose ne sont pas du tout les mêmes !
Les témoignages rapportent par exemple qu’à 300 microgrammes, le LSD produit des effets très intenses, alors que pour le 25C-NBOMe, cela serait plutôt une dose « moyenne ». Mais lorsqu’on dépasse les doses fortes de chacune de ces substances (autour de 200-300µg pour le LSD, autour de 800µg pour le 25C-NBOMe), il existe un danger réel de décès avec le 25C-NBOMe qu’on ne retrouve pas avec le LSD.
Et autant dire qu’il est impossible de voir à l’œil la différence de dosage entre 300 et 800 microgrammes. Cela reviendrait à essayer de peser deux ou trois gros grains de sel avec des balances incapables de les détecter.
Car nous parlons ici en microgrammes, ce qui implique des marges d’erreur en termes de dosages extrêmement difficiles à maîtriser. Des personnes ayant témoigné avoir consommé du 25C-NBOMe en sniff, sans avoir dosé avant, tu imagines bien à quelle vitesse la soirée peut devenir beaucoup moins agréable.
On a la chance avec cette molécule d’avoir à la fois des données scientifiques, et des retours de consommateurices.
Voici un tableau résumant ses effets rapidement.
| Engourdissement sublingual | Goût métallique chimique en bouche (pouvant durer jusqu’à 1 heure).
Engourdissement de la langue et de la bouche. |
| Effets physiques | Sensation de picotements dans le corps.
Montées d’euphorie. |
| Stimulation | Stimulation physique.
Tremblements et grincement des dents. |
| Effets psychédéliques | Introspection, euphorie, accélération de la pensée, pensée conceptuelle, distorsion du temps, empathie et sociabilité augmentées.
Plus le dosage est haut, plus on voit apparaître : dépersonnalisation, déréalisation, anxiété, dissociation, panique et peur. |
Bien entendu, ces effets peuvent être ressentis à des degrés divers en fonction des personnes. Plus les dosages sont élevés, plus les effets secondaires déplaisants ont tendance à prendre le pas sur les effets plaisants.
Attention, contrairement à ce qui peut être répété un peu partout (et même sur PsychonautWiki), rien ne porte à croire que le 25C-NBOMe serait inactif par voie orale, ni aucun des 25x-NBOMe. Plusieurs cas de surdoses ont même été recensés chez des personnes ayant pris la substance oralement.
Les risques liés à l’usage de 25C-NBOMe et de ses p’tits copains
Selon une étude de 2019, le 25C-NBOMe pourrait être particulièrement neurotoxique, beaucoup plus que la méthamphétamine, que l’équipe de recherche a pris comme point de comparaison.
De plus, comme d’autres 25x-NBOMe, il a été associé à plusieurs décès, ce qui est assez rare dans la grande famille des psychédéliques pour être relevé. Une étude de 2020 pointe particulièrement du doigt les 25I, 25B et 25C-NBOMe.
Une autre étude de 2020 liste de manière plutôt détaillée les différents effets indésirables provoqués par les 25x-NBOMe.
| Effets psychologiques | Agitation sévère, délire agité, hallucinations intenses et désagréables, agressivité pouvant parfois dégénérer en comportement violent et autodestructeur, paranoïa, tentatives de suicide, psychose avec délires, dysphorie, irritabilité, peur et crises de panique. |
| Effets neurologiques | Hyperthermie, convulsions, clonus, incoordination motrice, engourdissement de la bouche et troubles de l’élocution, insomnie, vision trouble et leucoencéphalopathie. |
| Effets cognitifs | Perte de repères spatiaux et temporels, confusion, troubles de la mémoire à court terme, troubles cognitifs, fatigue mentale, altération de l’état mental, relâchement des associations d’idées et pensées désorganisées. |
| Effets cardiovasculaires | Tachycardie, hypertension, arrêt cardiaque et vasoconstriction conduisant à une ischémie. |
| Effets autres | Nausées, vomissements, transpiration/frissons, diaphorèse, tachypnée, acidose respiratoire et métabolique, leucocytose, hyperglycémie, hyperkaliémie, rigidité musculaire et syndrome compartimental. |
Et dans les cas extrêmes, il est indiqué que « la consommation de NBOMes peut entraîner le coma, une coagulation intravasculaire disséminée, une insuffisance hépatique, une insuffisance cardiaque, un œdème pulmonaire, un arrêt cardiopulmonaire, une rhabdomyolyse, une insuffisance rénale aiguë et une défaillance multiviscérale ».
Bref, c’est une drogue qu’on n’aime pas consommer sans être au courant !
Comment prévenir les mauvaises surprises ?
On ne répètera jamais assez qu’avoir recours à l’analyse est le seul moyen de connaître réellement la nature du produit qu’on veut consommer. C’est à la fois utile pour soi et pour préserver sa santé, ainsi que pour décider de consommer ou non avec de vraies informations, mais aussi pour les autres, parce que ça permet de diffuser les résultats à tout le monde.
C’est d’autant plus important avec un produit comme les 25x-NBOMe, connus pour avoir eu de lourdes conséquences sur la santé de trop nombreuses personnes.
Même si on sait parfaitement doser son produit, qu’on a le bon matériel, qu’on est bien entouré·e, et qu’on est déjà aguerri·e aux expériences psychédéliques, consommer un produit en pensant que c’est tout autre chose met à mal toute la démarche de réduction des risques qu’on aimerait appliquer.
Bref, connaître la nature de votre produit est le point de départ incontournable, et le DrugLab est là pour t’y aider !
Si tu veux en savoir plus sur l’analyse de drogues ou que tu as déjà consommé un produit inconnu par mégarde, tu peux nous contacter pour en discuter !
Tu peux joindre l’équipe de KEPS et nous écrire par mail (coucou@kepsmag.fr), sur Instagram ou Facebook (@kepsmag). On peut aussi se donner un rendez-vous téléphonique ! On peut t’aider à y voir plus clair, répondre à tes questions ou t’orienter autour de chez toi !