Cocaéthylène : entre kif et risques

Publié le 4 février 2026 par Kévin

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Cet article parle de : #drogues-illegales #cocaine #drogues-legales #alcool

Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite.

Le mélange de cocaïne et d’alcool pousse le corps à produire une molécule appelée « cocaéthylène ». Cette molécule reste plus longtemps dans le corps, favorise les reconsommations compulsives et semble être plus toxique pour le corps.

Alcool et cocaïne, le mélange préféré de beaucoup de monde !

Un peu de la même manière que le café-clope est le mélange préféré des travailleurs et travailleuses, l’alcool associé à la cocaïne en est un très apprécié par énormément de fêtards du week-end.

La cocaïne est souvent consommée avec de l’alcool, et cette combinaison produit un métabolite psychoactif appelé cocaéthylène, « -éthylène » parce que l’alcool est aussi appelé « éthanol ».

Mais pourquoi ce mélange est-il aussi apprécié ? La réponse se trouve dans la manière dont le corps métabolise les deux drogues prises ensemble.

Une interaction chimique complexe

Le cocaéthylène ayant une demi-vie deux fois plus longue que la cocaïne, les personnes qui combinent cocaïne et éthanol peuvent ressentir un effet psychoactif plus durable et plus intense. On imagine donc facilement que les personnes qui aiment prolonger le plaisir soient tentées de faire ce mélange, et de le répéter plusieurs fois durant la soirée.

Le cocaéthylène est la seule substance psychoactive entièrement créée par l’organisme à partir d’une consommation de drogues.

Notons que dans cette interaction chimique complexe, c’est l’alcool qui modifie la manière dont la cocaïne se comporte dans le corps, et pas l’inverse.

Une étude sur le cocaéthylène résume les choses ainsi : « Lorsque la cocaïne est consommée en présence d’éthanol, la voie métabolique de la cocaïne change. Au lieu d’être hydrolysée avec de l’eau, une partie de la cocaïne subit une transestérification avec l’éthanol et produit du cocaéthylène. »

Dit comme ça, c’est un peu compliqué mais ça veut simplement dire que l’alcool modifie la manière dont le corps transforme la cocaïne et provoque ainsi l’apparition de cocaéthylène. De manière étonnante, un chimiste en a synthétisé en 1885 mais cela n’a pas donné suite à des études scientifiques pour mieux comprendre cette molécule, jusqu’à très récemment.

Des études récentes nous permettent de connaître la proportion de cocaïne transformée en cocaéthylène en fonction du mode d’administration :

  • Entre 14 et 54% par voie orale ;
  • Entre 13 et 35% par voie intraveineuse ;
  • Entre 7 et 29% par inhalation.

Pourquoi des fourchettes aussi larges ? Parce que cela dépend de la vitesse de consommation, du métabolisme individuel, de la quantité d’alcool et de cocaïne ingérée, du produit consommé en premier et combien de temps avant l’autre… Bref, la biologie, c’est très complexe et on ne tombe jamais sur des chiffres précis !

Les risques spécifiques du cocaéthylène

Comme souvent avec les drogues, le plaisir est accompagné de risques à bien connaître pour maîtriser au mieux ses consommations !

Le mélange d’alcool et de cocaïne serait plus toxique pour le corps qu’avec l’une ou l’autre de ces substances prises individuellement.  Sa dose létale (LD50) est plus basse que pour la cocaïne seule, et l’accélération du rythme cardiaque et l’élévation de la température corporelle sont exacerbées, donc plus contraignantes pour le cœur.

L’étude la plus récente consacrée à ce mélange nuance un peu la gravité de sa toxicité, en pointant du doigt d’autres recherches se contredisant encore beaucoup sur de nombreux aspects.

Selon certaines études, les effets cardiovasculaires et le risque de douleurs thoraciques seraient en effet comparables, voire moins importants avec le cocaéthylène, et la gravité clinique ne serait pas corrélée aux concentrations sanguines de cocaïne ou de cocaéthylène. 

Des résultats divergents ont également été rapportés concernant les lésions myocardiques, tantôt diminuées, tantôt augmentées, ce qui complique l’interprétation. À l’inverse, d’autres travaux suggèrent que le cocaéthylène est associé à une cardiotoxicité plus sévère, avec une augmentation des arrêts cardiaques, de l’hyperlactatémie, des admissions en soins intensifs et de la mortalité.

Enfin, il semblerait que les personnes les plus à risque sur le plan cardiovasculaire, notamment les personnes qui fument du tabac, soient aussi les plus affectées lorsqu’un problème survient lors de la consommation conjointe de cocaïne et d’alcool.

En bref, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour la recherche sur ce mélange.

Et si tu as envie de nous parler de ce mélange, de ce qu’il provoque chez toi, surtout n’hésite pas à nous contacter !

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