Est-il possible de classifier les drogues ? Oui. Il est possible de les rassembler selon différents critères : les effets recherchés, les zones du cerveau qu’elles activent, ou autre. Il existe une classification qui fait référence actuellement : le diagramme de Venn des drogues (publié et mis à jour sur le site du Respadd). Dans cette grande classification s’opposent 4 grandes « familles » (stimulants, dépresseurs, hallucinogènes et anti-psychotiques), elles-mêmes divisées en familles qui en chevauchent parfois deux ou trois autres (on y reviendra).
Les 3 points importants à retenir
- Les stimulants ne donnent pas d’énergie : ils poussent ton corps à bout.
Tu gagnes du temps sur la fatigue… mais tu le paies ensuite, souvent plus cher. - Faim coupée, sommeil éclaté, cœur sous pression : le combo est risqué.
Derrière les effets recherchés, ton corps encaisse du stress en continu. - L’impression de contrôle est trompeuse.
Craving, enchaînement des prises, épuisement : ça peut déraper vite, même quand tu penses gérer
Aujourd’hui, on aborde avec vous la famille des stimulants !
Certainement une famille que vous connaissez bien, puisque 81% des Français·es consomment du café quotidiennement.
Café = caféine = stimulant.
Les stimulants ont pour caractéristiques communes d’accélérer le fonctionnement du système nerveux ainsi que de perturber l’activité cardiaque, généralement via une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque.
Au banc des stimulants, on trouve donc : la caféine (présente aussi dans le thé et le maté par exemple), la nicotine (contenue dans le tabac) et les drogues illégales – cocaïne (la plus connue), amphétamines (le speed), cathinones (3-MMC, 2-CMC, 4-BMC, et leurs innombrables variantes), MDMA, méthamphétamine, etc. Pour ne citer qu’elles.
La plupart des stimulants partagent également nombre d’effets similaires : perte d’appétit, impossibilité de dormir, déshydratation, hausse de la température corporelle, vasoconstriction…
COUPE–FAIM 😋
Un des gros point communs des stim, c’est bien entendu de couper la faim. D’ailleurs, jusqu’à récemment, on prescrivait des amphétamines en France pour aider au régime (oui oui, comme dans Requiem for a Dream). Qu’il s’agisse de la cocaïne (crack inclus), des amphétamines, de la MDMA/ecstasy ou des cathinones (ainsi que le café et la nicotine), toutes ont pour propriété de court–circuiter les systèmes qui régulent l’appétit. Résultat : il est possible de ne plus manger pendant des heures, voire des jours. La conséquence, c’est évidemment la dénutrition, un amaigrissement, une baisse de défenses immunitaires et un affaiblissement général de l’état de santé.
PRIVATION DE SOMMEIL 😴
Par leur action dopaminergique, les stimulants donnent une sensation d’éveil ! Yeux écarquillés, esprit à 2 000 à l’heure (c’est une illusion), impression de tout comprendre, de tout gérer, et bien sûr : on ne ressent plus la fatigue ! Pourquoi croyez-vous que les banquiers, cadres supérieurs, pêcheurs, restaurateurs et autres s’en mettent plus dans le nez que les autres ? À cause des cadences infernales, de la compétitivité et de l’épuisement. Ainsi, même si certaines substances sont plus puissantes que d’autres, la plupart des stim vont AUSSI déréguler les mécanismes du sommeil…
Résultat : épuisement généralisé, perte des repères, irritabilité, anxiété, paranoïa, angoisses et même hallucinations… Un état qui peut amener à un vrai épuisement psychologique et provoquer une vraie détresse psy. À ne pas négliger et à ne pas oublier quand on est persuadé que nos amis veulent nous tuer après cinq jours sans dormir.
ET TON PETIT CŒUR…🫀
Vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux sanguins), augmentation de la pression artérielle (c’est la pression qui s’exerce sur la paroi des artères pendant la circulation du sang), et accélération du rythme cardiaque (le cœur bat beaucoup plus vite) sont un peu le cocktail de base avec les stimulants. Et il va de soi que ces trois altérations du fonctionnement normal ne vont pas bien ensemble : ton cœur bat plus vite, en exerçant une pression plus forte sur les parois de tes vaisseaux sanguins rétrécis par la vasoconstriction… La reine de la vasoconstriction, c’est d’ailleurs la cocaïne !
En plus de tout ça, tu peux ressentir des palpitations (notamment si tu essaies de te calmer ou de trouver le sommeil), et souffrir d’arythmie (tachycardie si ton cœur accélère, bradycardie s’il ralentit, fibrillation s’il bat irrégulièrement).
Alors certes, le risque zéro n’existe pas… Mais si tu es un peu fragile du cœur, c’est vraiment dangereux. Si tu as des antécédents cardiaques ou une pathologie cardiaque pas encore détectée, c’est une vraie prise de risque.
La plupart des stimulants sont cardiotoxiques (toxiques pour le cœur), même le tabac ! Même le café ! Alors, imagine pour la cocaïne…
Si t’es concerné·e : ne joue pas avec le feu et tourne toi vers d’autres substances.
QUELLE CHALEUR 🥵
Quand on augmente la cadence d’une machine, on l’expose à un risque de « surchauffe ». Avec le corps humain, c’est exactement pareil : les stimulants dopent nos organes qui vont travailler en sur-régime. Ce qui va provoquer une hausse de la température corporelle. On en parlait dans cette vidéo, la température corporelle est un paramètre vital du corps humain ! C’est d’ailleurs pour ça qu’on répète qu’il faut boire de l’eau. Boire de l’eau permet de transpirer, et transpirer permet de réguler notre température.
Si t’es en hyperthermie (donc au dessus de 37,5°c et pas pour une fièvre),tu peux rapidement être en urgence vitale. Il faut absolument te refroidir, afin que tes organes ne s’arrêtent pas de fonctionner. Cela peut faire peur mais c’est un veritable impératif, notamment pour les gobeureuses de taz ! Danser, dans un endroit mal ventilé ou en plein soleil, peu boire, boire de l’alcool : ça participe à l’augmentation constante de la température. Et quand le corps dit stop, c’est qu’il a déjà atteint ses limites. Fractionner, s’aérer, boire de l’eau, se checker, c’est indispensable. Si vous faites taz + traces de stimulants, vous rajoutez des facteurs de risques supplémentaire.
UNE ACCOUTUMANCE RAPIDE 🫨
Enfin, les stimulants provoquent un effet rapide et (souvent bref) avec un craving assez fort. Le craving, c’est l’envie de s’en refaire une autre à peine quelques minutes après la précédente. Ce phénomène pousse à la chute rapide du gramme, mais heureusement, tout le monde n’y est pas sujet de la même manière. Compulser de la sorte (consommer frénétiquement) pousse à la surconsommation, et risque de multiplier tous ces effets délétères.
On sait également que plus un effet est bref mais rapide, plus le risque de développer une conduite addictive est grand. Exemple parfait : la cigarette. Un effet quasi imperceptible qui vient pourtant nouer des choses au cœur de la personnalité d’un adulte sur quatre en France. Des travaux ont en effet mis en évidence le lien entre la brièveté des effets et le risque de dépendance (comprenez qu’on cherche toujours les gens accro aux buvards qui durent 12 heures). Les stimulants sont donc particulièrement à risques. Spécifiquement la cocaïne, qui donne une illusion de fonctionnalité et qui se module assez simplement avec des anxiolytiques. Méfiance donc avec les stimulants : non, vous n’êtes pas la meilleure version de vous-même.
On vous parlait justement du diagramme de Venn des drogues dans cette vidéo :
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