Dimanche après-midi, 15 heures, tu te réveilles de ta soirée qui a duré bien tard à grands renforts de grandes traces de C. Tu ouvres les yeux, de prime abord les souvenirs sont flous et là, soudainement, elle surgit, venant perturber la quiétude de ta gueule de bois : la culpabilité du tunnel.
Car oui, encore une fois, tu n’as pas pu t’empêcher de raconter ta dernière relation amoureuse en long, en large et en travers à la coloc de ton pote, d’expliquer pendant deux heures à quel point ta famille est dysfonctionnelle à ce mec qui n’avait rien demandé, ou encore de décrire chacune des missions de ton travail à cette inconnue à 7 heures du mat’.
Mais pourquoi ressent-on cette irrépressible envie de raconter notre vie au·à la premier·e venu·e ? Au détriment de notre santé mentale du lendemain ?
Euphorie et confiance en soi
Eh bien, comme souvent avec la C, cela a un lien avec les bénies dopamine et sérotonine. Comme on vous l’expliquait dans cet article, la cocaïne bloque leur recapture, ce qui fait fortement monter leurs niveaux. Et qui dit plus de dopamine et de sérotonine dit sensation d’euphorie, d’énergie mais aussi de confiance en soi, ce qui facilite le contact avec les autres.
La désinhibition est d’ailleurs un des effets de la cocaïne le plus rapporté par les usager·es, qui, d’emblée, se sentent plus à l’aise socialement, plus ouvert·es aux autres, moins timides… Et pour beaucoup, elle facilite la conversation, voire donne l’impression de raconter des choses très intéressantes et profondes, et l’envie de se livrer plus que d’habitude.
C’est là qu’intervient le fameux « tunnel », cette conversation interminable (dont une personne sur les deux est souvent bien plus acteurice que l’autre) que nous redoutons toustes, mais finissons toustes par subir et par faire subir à quelqu’un·e à un moment ou à un autre.
Et le lendemain, c’est la douche froide. Au mieux, tu culpabilises d’avoir pris cet·te inconnu·e en otage, au pire, tu as honte d’avoir confié des choses que tu n’aurais pas dites sobre et tu as envie de disparaître. Et cette inlassable question, qui revient chaque lendemain de tunnel : mais pourquoi ?
La désinhibition nous pousse à parler, parfois un peu trop, mais elle n’invente pas ce dont on parle. Si tu remarques que les sujets de tes tunnels sont récurrents, que certains événements de ta vie reviennent toujours dans la conversation, c’est peut-être le signe que tu as vraiment besoin d’en parler, mais pas à un·e inconnu·e d’after.
Ce qui se passe en soirée en dit parfois long sur notre santé mentale, et il ne faut pas hésiter à écouter ces signaux. Et si tu ne sais pas vers qui te tourner, tu peux toujours nous écrire, on est là pour t’écouter 💘