Adèle Exarchopoulos - Jeanne Herry - Garance 2026
Adèle Exarchopoulos est Garance dans le film du même nom

Garance – Peut mieux faire sur l’alcool

Publié le 26 octobre 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #drogues-legales #alcool #fictions #films #drama

Après Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry retrouve Adèle Exarchopoulos pour un film qui aborde la dépendance à l’alcool. Notre avis, sans filtre.

 

DE QUOI ÇA PARLE ?

Garance est comédienne à Paris. Sa sœur, jeune maman, est en rémission d’un cancer et leur mère est aux petits soins malgré la distance. Dans sa troupe de théâtre, c’est une actrice appréciée, une collègue sur qui on peut compter. Mais voilà, Garance boit, du vin blanc, en une certaine quantité. Entre une désinhibition maximale et des black–out à répétition, il lui arrive de se réveiller avec des bleus, au terminus du bus ou avec ses collants déchirés… Mais pas de quoi se laisser abattre ! Un verre, et ça repart ! 

Le film suit Garance pendant huit ans, et si l’alcool et son métier cohabitent sans mal au début, rapidement, elle commet des impairs. Un loupé, un oubli, un retard… Et puis au final, sa troupe décide de lui demander de partir le temps qu’elle aille mieux. Mais elle ne veut pas aller mieux, car elle ne va pas mal. Même si, à y regarder de plus près, il lui arrive d’être terrassée par des angoisses, bloquée chez elle terrifiée à l’idée du monde extérieur…

Un jour, elle rencontre Pauline, scénographe, de dix ans son aînée, qui n’a pas aimé depuis trop longtemps. Et elles décident de faire un bout de route ensemble. Au début, Pauline ne boit pas, elle n’aime pas tant la ville, et le calme et la solitude lui font du bien. Au détour du Covid, les deux amoureuses vont s’isoler dans la grande maison de Pauline. À la campagne, elles discutent à cœur ouvert, même si les cubis de vin et les angoisses s’entassent. 

Après la pandémie, les deux femmes se mettent en ménage et, perturbée par les malaises de Pauline causés par des apéros trop intenses, Garance décide de voir une addictologue.

Adèle Exarchopoulos - Jeanne Herry - Garance 2026
Adèle Exarchopoulos est Garance dans le film du même nom

QU’EST–CE QU’ON EN PENSE ?

C’est un film riche d’une grande émotion. Adèle Exarchopoulos sait décidément tout jouer, et sa partenaire, Sarah Girardot, incarne la fragilité et la force. Les personnages sont beaux et les situations s’enchaînent sans paraître forcées. Si le portrait d’une génération qui ne trouve pas de place dans un monde qui bouge est classique, que dire du portrait de l’alcoolisme ?

Jeanne Herry et son actrice principale ont basé la promo du film sur la volonté de bien représenter la dépendance. Le scénario a en effet été relu par un addictologue afin de s’assurer que le propos était cohérent. Adèle exarchopoulos a répété partout que ne pas boire d’alcool faisait d’elle un ovni dans les soirées plus ou moins mondaines. Mais malgré cette profession de foi, le film passe plusieurs fois à côté de son sujet…

Même si le film fait le choix de ne pas justifier la consommation d’alcool de son personnage principal, ce qui est une bonne chose. On le sait : la dépendance, c’est multifactoriel ! Ne pas l’attribuer à une raison particulière est donc bienvenu et proche de la réalité.

Adèle Exarchopoulos - Jeanne Herry - Garance 2026
Garance en mode DOWN

LE PLUS GROS ÉCUEIL DU FILM

Le plus gros écueil du film, et ce qui le rend potentiellement dangereux, c’est de ne pas aborder les risques liés au sevrage d’alcool. Ne pas parler du delirium tremens ou des risques de crises d’épilepsie dans un film qui veut parler de la dépendance (et du sevrage) d’alcool, c’est très grave !

Il ne faudrait pas que, de but en blanc, une personne qui boit tout les jours sorte du film en ce disant « Allez, je jette mes bouteilles et je passe à autre chose ». Et c’est d’autant plus dommage que Garance a plusieurs rendez-vous chez l’addictologue, qui aurait pu prendre le temps de le lui expliquer.

D’ailleurs, cette addictologue, parlons-en. Quelle idée de faire un premier rendez-vous si peu empathique ? Chez KEPS, on a quotidiennement des discussions avec des personnes ayant perdu leur motivation à l’arrêt et leur confiance en l’institution après avoir été mal reçues dans des centres de soins. L’accueil d’une personne qui fait une démarche de soin mérite d’être pris au sérieux ! La vie n’est pas un film… Et quand on perd pied face à un produit, mais aussi son travail (et le cercle social qu’il représente) et qu’on doit faire face à des drames personnels ou familiaux, ce dont on a besoin, c’est rarement pas d’être chahuté ! 

Garance est un film de Jeanne Herry, sorti au cinéma en septembre 2026 (après avoir été présenté au festival de Cannes). 

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