Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite
- Cette BD explique l’addictologie et la réduction des risques sans jargon ni caricature.
- Derrière les consommations, il y a surtout des parcours de vie, des galères, des soins et des personnes.
- Un excellent outil pour découvrir un univers souvent mal connu et bousculer quelques préjugés au passage.
Pauline Aubry, bédéiste de talent, plonge tête la première dans le monde si nébuleux de l’addiction. Dans la belle tradition des bédés immersives qui détaillent un sujet de A à Z en assumant leur subjectivité (on pense à À moindres risques » de Mat Let), le travail de Pauline permet de mieux comprendre l’offre de soin en addictologie ainsi que la philosophie de la réduction des risques. Une lecture utile et belle qui ravira les curieux comme les profanes.
DE QUOI ÇA PARLE ?
En guise d’introduction, l’autrice revient sur les différents archétypes de drogué·es qu’on trouve dans la pop culture et les célébrités mortes prématurément. Elle oppose le regard que la société porte sur ces personnages marginaux mais fascinants (du duo de Breaking Bad aux personnages de Requiem for a Dream, en passant par Janis Joplin ou Amy Winehouse) à celui qu’elle–même porte sur les drogué·es visibles de son environnement (elle habite à Barbès). Personnages de fiction, célébrités du showbiz ou toxicos de la rue : trois catégories différentes exposées, in fine, à des risques similaires.
En 2017, Pauline rencontre une journaliste qui souhaite faire un reportage graphique au Csapa Horizons. C’est le point de départ du livre qui, dans sa première partie, suit en séjour des personnes accompagnées par le Csapa Horizons. L’occasion pour l’autrice de nous faire voir les parcours des différentes personnes, les enjeux liés à la consommation, les trajectoires de vie. La seconde partie se déroule à l’hôpital Marmottan, une institution de l’addictologie à deux pas de l’Arc de Triomphe. Pauline va y suivre le stage de formation « De la drogue aux addictions ». Un stage qui dure une semaine et qui offre un véritable panorama des enjeux liés à la santé, aux drogues, aux addictions (historiquement et politiquement), ainsi qu’à la réduction des risques.
En d’autres termes : c’est une excellente bédé documentaire. Même une excellente bédé tout court. Grâce à son immersion, Pauline livre un travail d’une grande précision et ne propose pas un récit d’initié. Accessible à tous et toutes, son livre est à mettre entre toutes les mains.
EST-CE QUE C’EST RDR ?
Puisqu’informer ne nuit pas à la santé, alors oui, cette bédé est sacrément RdR. La diffusion des informations est une des bases de la réduction des risques. Et puisque ce livre est sorti à la même période que L’addiction s’il vous plaît, impossible de ne pas les comparer. Si Terreur Graphique commence son récit dans un Csapa, c’est depuis la place de personne concernée par les usages qu’il situe son propos. À l’inverse de Pauline, qui découvre ici un système qu’elle ne connaît pas, Terreur Graphique, lui, raconte son cheminement et les épreuves par lesquelles il est passé. Ainsi, ces deux visions se complètent et ne font pas redite malgré des sujets très proches.
Plongée en addicto est une bande dessinée de 140 pages des éditions Steinkis, écrite et illustrée par Pauline Aubry, disponible pour 22 €. C’est un outil incroyable pour faire découvrir ce que l’addictologie peut être. Par son ton neutre et politiquement correct, elle pourra séduire et même convaincre les personnes les plus réfractaires à l’idée de « réduction des risques ». Pour un autre avis, n’hésitez pas à lire l’article de Blast. Vous pouvez en lire un extrait sur le site de l’éditeur.
- Des questions sur les drogues ?
- Des doutes sur ta conso ?
- Envie de parler ?
Tu peux joindre l’équipe de KEPS et nous écrire par mail (coucou@kepsmag.fr), sur Instagram (@kepsmag) ou Facebook (@kepsmag). On peut aussi se donner un rendez-vous téléphonique ! On peut t’aider à y voir plus clair, répondre à tes questions ou t’orienter autour de chez toi !