KEPS Le méthylphénidate c'est quoi ? Ritaline®, Medikinet®, Concerta®, Quasym®
KEPS Le méthylphénidate c'est quoi ? Ritaline®, Medikinet®, Concerta®, Quasym®

Le Méthylphénidate c’est quoi ? Ritaline®, Medikinet®, Concerta®, Quasym®

Publié le 1 juillet 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #stimulants #sniff #sante-mentale

Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite

  • Le méthylphénidate est un traitement du TDAH, pas une cocaïne de pharmacie.
  • Le sniffer ne le rend pas plus efficace : ça augmente surtout le risque de gaspiller son traitement et d’en manquer.
  • Derrière le détournement du médicament se cachent souvent un TDAH mal pris en charge, une dépendance au geste ou une recherche de soulagement.

Mé-thyl-phé-ni-date, ces cinq syllabes ont changé la vie des adultes et enfants souffrant de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Un traitement médicamenteux « parmi les plus efficaces en médecine psychatrique », selon l’article « Traitement pharmacologique du TDAH » publié dans le numéro 292 de Santé mentale magazine. Plusieurs spécialités sont disponibles sur ordonnance avec cette molécule : Ritaline®, Medikinet®, Concerta®, Quasym®. Si la première prescription doit être faite par un psychiatre, le renouvellement de l’ordonnance peut se faire chez le généraliste une fois le patient « stabilisé ». C’est également un médicament allègrement détourné, donc étroitement surveillé, les prescriptions se faisant ainsi sur ordonnance sécurisée avec délivrance dans une pharmacie désignée par le médecin. On pourrait disserter longuement sur les raisons de ces abus… Cause ou conséquence ? On sait que les personnes atteintes de TDAH (non diagnostiqué) sont particulièrement à risque de trouble de l’usage, les substances pouvant soulager certains de ses symptômes.

C’EST QUOI ?

Le méthylphénidate est un stimulant (modéré) du système nerveux central classé sur la liste des stupéfiants en France depuis les années 1990. Avant d’être utilisé pour accompagner les patient·es atteint·es d’un TDAH, il a pu servir à lutter contre la dépression, la fatigue et la narcolepsie. Il existe sous deux formes : libération immédiate et libération prolongée. La concentration maximale est atteinte environ 2 heures après la prise.

  • Libération immédiate : le principe actif est libéré en une seule fois après ingestion, avec une courbe d’effet qui monte d’un coup puis redescend tranquillement. Cette forme est plutôt prescrite aux enfants. 
  • Libération prolongée : une partie du principe actif est libérée rapidement après l’ingestion, le reste est délivré dans le temps sur une durée variable avec une courbe d’effet qui diffère selon les médicaments. Tous les comprimés pour adulte sont globalement LP, afin d’éviter les usages pirates et les « high » qui peuvent donner envie de doubler la dose…

La théorie principale qui explique le TDAH consiste en un déficit de dopamine. Le méthylphénidate agit comme inhibiteur de la recapture de la dopamine. Mais ce n’est pas un dopaminergique (qui provoque la libération d’une grosse quantité de dopamine), donc il n’y a pas ce « contrecoup » typique du speed, de la coke, des cathinones ou de la MDMA qui sont de gros dopaminergiques.

POURQUOI CERTAIN·ES LE SNIFFENT ? 

On peut formuler plusieurs hypothèses : 

  • Le manque d’information : la fausse info qui dit que la Ritaline® est une amphétamine a sûrement donné envie aux gens de se mettre une paille dans le nez. Bon marché, simple à trouver et légal : cela peut sembler être un substitut idéal aux stimulants illégaux. Le boucheàoreille faisant son office, il est facile d’imaginer que le « t’inquiète, ça défonce ! » poussant à la conso ait bien tourné.
  • La légalité : c’est un médicament qui n’a obtenu une autorisation de mise sur le marché pour l’adulte qu’en juillet 2021. Ce qui signifie qu’avant cette date, tu pouvais être traité jusqu’à ta majorité et te retrouver en rupture de traitement le lendemain. Après ça, débrouille, réseautage et bricole. Sans accompagnement idoine, on sait qu’avoir un TDAH est un facteur de vulnérabilité face à l’usage de drogues et l’apparition de conduites addictives. On imagine sans mal que des personnes se mettent à détourner leur traitement dans le but par exemple de maximiser les effets ressentis (ou d’accélérer leur apparition), même si dans les faits, ça ne fonctionne pas.
  • L’insuffisance des effets : Le méthylphénidate existe sous plusieurs dosages, ce qui signifie que trouver le plus petit dosage efficace peut mettre du temps. Le dosage dont on a besoin peut évoluer dans le temps. Ainsi, durant certaines périodes ou l’effet semble insuffisant, la personne peut être tentée de consommer son traitement en pensant notamment que le sniff va entraîner une libération immédiate.
  • La dépendance au geste et le diagnostic trop tardif : aujourd’hui, on remarque à travers les études et travaux universitaires (et actions sur le terrain) que parmi les personnes qui présentent des troubles de l’usage de psychostimulant se cachent de nombreux·ses TDAH non diagnostiqué·es. Après le diagnostic et la mise en place d’un traitement adapté, on observe que les consommations de psychostimulants ralentissent, voire cessent. Mais si l’amour du geste est déjà là, bien ancré, et qu’on a du mal à se passer du sniff, sniffer son médicament peut être tentant.
  • Parce que c’est contrôlé : issus d’une ordonnance, les médicament récupérés à la pharmacie sont de qualité contrôlée. C’est le grand avantage des médicaments, notamment ceux qui sont détournés par les usager·es de drogues : le risque est moindre d’avoir une mauvaise surprise. Mais dans un médicament, il y a des excipients (des produits pour faire de la texture, du poids, de la résistance gastrique, etc.) et ça, en sniff (ou en injection), bah c’est pas génial.

POURQUOI ÇA NE SERT À RIEN DE LE SNIFFER ?

Pourquoi sniffer du méthylphénidate quand il est à libération prolongée ne sert à rien ? Parce qu’à part un très léger effet stimulant, s’il vous est prescrit dans le cadre de votre TDAH, le sniffer sera le gaspiller en détournant la molécule de son rôle dans l’atténuation des symptômes. 

Ce sont la pharmacocinétique et la biodisponibilité (le taux et la vitesse d’absorption du principe actif d’un médicament ou d’un nutriment en fonction de son mode d’administration) qui interviennent : destinés à être avalés, les principes actifs se libèrent en deux étapes, avec un premier pic plutôt rapide suivi d’une vague plus faible qui va durer plus longtemps. Quand vous crushez et sniffez votre traitement, vous le faites passer par une autre voie d’administration (intranasale) où la biodisponibilité n’est pas la même. 

Ainsi, oui, vous aurez bien un petit hit psychostimulant, mais vous n’aurez pas l’effet du médicament tel que vous en avez besoin. En plus, une trace en entraînant une autre, et puisque l’effet psychostimulant est vraiment minime, vous risquez surtout d’avoir un giga craving de trace et de sniffer beaucoup plus que de raison. Avec un risque important de rupture de traitement et de grosse culpabilité. Voire la tentation de vous fournir de la DROOOOOOGUE puisque le flacon de méthylphénidate sera vide.

Sources : 

Le méthylphénidate et ses dérivés : de l’usage au mésusage. Conseils du pharmacien

Santé mentale magazine n°292 « le TDAH de l’adulte »

Méthylphénidate : substance active à effet thérapeutique – VIDAL 

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