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L’offre de soin GRATUITE en santé mentale

Publié le 13 August 2026 par Léa

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Cet article parle de : #sante-mentale

Face à la dégradation de la santé mentale, notamment chez les jeunes, l’accès aux soins reste marqué par les inégalités sociales, le coût et des délais parfois importants. Cet article présente les principales solutions gratuites ou prises en charge en France, des structures publiques aux dispositifs pour les étudiant·es, en passant par les ressources communautaires. Il rappelle aussi que la santé mentale ne se limite pas aux troubles psychiatriques et que l’entraide, la pair-aidance et les espaces associatifs peuvent compléter les parcours de soin.

Les 3 points importants à retenir

  • La santé mentale des jeunes se dégrade nettement. L’article souligne une forte hausse des prescriptions de psychotropes depuis 2019, notamment des antidépresseurs, avec une progression particulièrement importante chez les adolescentes et les jeunes femmes.
  • Plusieurs solutions gratuites ou remboursées existent. CMP, maisons des adolescents, PASS, Csapa, Mon soutien psy, Santé Psy Étudiant ou BAPU permettent d’accéder à différents niveaux d’écoute, d’orientation et de soins, même si les délais peuvent parfois être longs.
  • Le soin ne passe pas uniquement par les dispositifs médicaux. Associations, permanences psy, collectifs, espaces communautaires et pair-aidance peuvent aussi jouer un rôle important pour rompre l’isolement, obtenir du soutien et compléter un parcours de santé mentale.

Depuis quelques années, la santé mentale est partout : tantôt côté institution comme fer de lance des politiques publiques, grande cause du quinquennat, tantôt chez les concerné·es. Progressivement, on a pu noter une libération de la parole, de plus en plus de vidéos où l’on se raconte, de récits, d’expériences partagées. La honte n’est plus, ou tend à ne plus l’être. Burn-out, dépression, anxiété, tout ça se normalise, ainsi que les neuroatypies (TDAH, TSA, bipolarité…). 

Parallèlement, on constate une hausse importante des troubles en santé mentale, peut-être à cause d’un climat sociétal anxiogène et incertain pour le futur ? Pandémie, guerres, montée de la violence partout dans le monde, catastrophes naturelles… Une chose est sûre, nous sommes beaucoup à être concerné·es, et rien ne dit que ça va s’arrêter. En 2024, 55% des jeunes de 18 à 24 ans* ont déjà été affectés par un problème de santé mentale. 

*source : Odoxa/Mutualité française, septembre 2024

Des jeunes de plus en plus mal

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 2020, on observe une vraie rupture dans les prescriptions de psychotropes chez les jeunes. En 2023, environ 936 000 personnes de 12 à 25 ans ont reçu au moins un remboursement de psychotrope, soit +18% par rapport à 2019, alors que la population de cette tranche d’âge n’a augmenté que de 3%. Les antidépresseurs concentrent la hausse la plus massive, avec +60 % de jeunes traités en quatre ans, soit environ 143 600 personnes supplémentaires. Et ce sont les adolescentes et jeunes femmes qui sont le plus touchées, avec une augmentation de +45% chez les filles de 12 à 15 ans sur la même période.

Si les politiques s’efforcent de mettre en place des outils et des ressources « gratuites » ou peu coûteuses pour accéder aux soins en santé mentale, il ne faut pas être Einstein pour voir que ça a un coût, et que tout le monde ne peut pas régler l’addition. Et sans surprise, ce sont encore les minorités qui trinquent le plus : à mesure que les inégalités sociales se creusent, l’accès à des soins de qualité devient un privilège plutôt qu’un droit, et les plus précaires se retrouvent une fois de plus en première ligne, avec le moins de moyens pour y faire face.

Chez KEPS, on se questionne sur la responsabilisation des sujets, souvent seul·es face à des douleurs qui sont bien sûr politiques, intrinsèquement liées aux enjeux sociétaux de notre époque.

Alors on a décidé de vous faire un petit récapitulatif de l’offre de soin gratuite (ou à des coûts plus modérés) en santé mentale.

Faire le point et s’écouter

Bon déjà, pour commencer, il faut faire le point, et si on exprime un mal-être, des difficultés, ne pas hésiter à en parler. Avec un·e médecin généraliste, une sagefemme ou avec l’équipe de KEPS, par exemple ! Certain·es praticien·nes de santé sont formés en santé mentale et peuvent bien t’orienter, te conseiller, parfois même commencer un traitement. L’important est de s’écouter, et d’insister (même si on ne le souhaite pas, change de doc si iel ne t’écoute pas ou minimise !!!) si tu exprimes un besoin de soin en santé mentale.  

C’est quoi la santé mentale ? 

Tout d’abord, la santé mentale est une partie intégrante de la santé et concerne absolument tout le monde ! La santé mentale ne se définit pas uniquement par une dépression, une neuroatypie  ou justement par l’absence de trouble ou de maladie. La santé mentale est complexe et propre à chacun·e. 

 La santé mentale peut se décortiquer en 3 aspects : 

 

  • La santé mentale positive : bien-être et épanouissement. Elle désigne la capacité à agir et à mobiliser ses propres ressources. C’est de l’ordre de l’acquis et non de l’inné, donc il est tout à fait adapté d’en faire l’apprentissage dans des espaces thérapeutiques.

 

  • La détresse psychologique réactionnelle : qui peut surgir suite à un moment ou une période difficile de la vie (un deuil, une séparation, un « échec », un changement brutal, des problèmes sociaux, financiers, relationnels, une grande source de stress…). Ce n’est pas forcément synonyme d’un trouble (c’est notamment l’intensité et la durée qui peuvent aider à déterminer si ça en devient un ou pas). Généralement, les symptômes sont de l’anxiété, des épisodes dépressifs, des émotions changeantes. Que cet état se situe du côté d’un trouble ou pas, un accompagnement ou un soin peut s’avérer nécessaire.

 

  • Les troubles psychiatriques de durée variable : cela se réfère à plusieurs diagnostics avec des critères, et peut nécessiter des soins ciblés et/ou une prise en charge médicale. Les conséquences de ces troubles peuvent parfois être  très difficiles : handicaps dans la vie quotidienne, discrimination, exclusion, augmentation des inégalités, difficutlés d’accès aux soins, etc. 

En gros, la santé mentale regroupe tout ce qui impacte notre bien-être et l’équilibre psychique avec tout ce que cela implique (notamment les ressources permettant de soigner un trouble, la faculté à exprimer nos émotions, le fait de bénéficier de moments d’accalmie et de divertissement).

 

Avec qui en parler ?

On peut parler de santé mentale avec tout le monde, l’important étant de se sentir considéré·e dans les difficultés que l’on éprouve. On se réfère généralement aux psychiatres et aux psychologues, deux spécialités dans lesquelles il existe des modes de traitements différents. Renseigne-toi peut-être sur ce qui te conviendra le mieux comme prise en charge. 

Il est possible de faire le point via un « bilan prévention », un dispositif de l’État qui permet de faire un bilan global de santé et donc également de parler de la santé mentale. Vous pouvez prendre rendez-vous sur Santé.fr ou via le site de l’Assurance maladie : avec des médecins, sages-femmes, infirmiers, voire des pharmaciens… l’idée étant de pouvoir échanger, d’avoir des conseils sur mesure et des orientations adaptées. Cela peut être remboursé et pris en charge à 100% en fonction de votre âge. 

Les différents types de structures

En fonction des besoins, différents types de structures sont proposés dans le parcours de soins :

Les centres médico-psychologiques (CMP) : une unité d’accueil gratuite offrant prise en charge psychiatrique, prévention, suivi, diagnostics, etc. Des équipes pluridisciplinaies (médecin, psychologue, psychiatre, infirmiers, assistants sociaux…) pour une prise en charge coordonnée. Les CMP sont très diversifiés d’un endroit à l’autre. Malheureusement, il y a souvent des longs mois d’attente…

Les maisons des adolescents (MDA) :  généralement pour les ados, les parents et les jeunes de 11 à 25 ans. C’est également un lieu d’écoute, de conseil, avec un accompagnement gratuit et confidentiel. Une équipe pluridisciplinaire et une approche globale : santé mentale, addicto, sexualité, etc.

Les permanences d’accès aux soins santé (PASS), rattachées à l’hôpital public : un service spécialisé dans la prise en charge et l’accompagnement des personnes en situation de précarité. On peut y bénéficier d’une prise en charge coordonnée et spécialisée, notamment en santé mentale. C’est un service 100% gratuit.

Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa), si situation d’addictologie : si tu en ressens le besoin, notamment au niveau des consos et de ta santé mentale, tu peux aller dans un Csapa où tu pourras être accueilli·e, orienté·e, et surtout bénéficier de soins gratuits, de traitements, et parler de tes consos afin de réduire les risques. Les équipes des Csapa comportent souvent un psychologue et un psychiatre. L’idée : un endroit où tu ne seras pas jugé·e sur tes consos, qui seront prises en compte dans ton soin avec une approche de RdR. Tu es au centre du processus pour ce qui est bon pour toi. C’est gratuit mais il peut parfois y avoir aussi quelques mois d’attente. 

Si jamais, avec le réseau E-RdR on a développé une cartographie francophone de la Réduction des Risques, tu pourras y trouver : les CAARUD, les CJC, les CSAPA, médecins spécialisés, services hospitaliers d’addictologie, association du milieu festifs, communautaire, les lieux d’analyses de drogues, les salles de consos, les groupes de paroles, etc… La carte est participative ! 

 

Dispositifs de remboursements

« Mon soutien psy » est un dispositif du deuxième quinquennat de Macron, pour qui la santé mentale devait être une grande cause nationale.
Comment ça marche ? Tu vas voir ton médecin traitant, vous discutez ensemble, et il te fait une ordonnance pour le dispositif. L’Assurance maladie rembourse alors 12 séances, de maximum 50 euros (et généralement 30 min). Les praticiens du dispositif sont obligés de respecter les tarifs !

D’autres solutions, temporaires ou pour bon début notamment pour les étudiant·e·s : 

  • Santé Psy Étudiant : un dispositif qui permet de consulter un psychologue pour 12 séances, c’est gratuit et renouvelable au besoin. Tous les étudiant·es de l’enseignement supérieur peuvent en bénéficier. Il faut choisir un professionnel partenaire du dispositif (la liste est dispo ici : santepsy.etudiant.gouv.fr) et ensuite tu prends rendez-vous  ! Pour plus d’informations :Santé Psy Étudiant, les RDV psy gratuits | Étudiant.gouv 

 

  • BAPU (Bureau d’aide psychologique universitaire) : un centre de consultation ouvert à tous les étudiant·es. Tu pourras y retrouver une équipe avec des psychiatres, des psychologues, des assistant·es sociaux et un service administratif dédié pour t’aider. Ce service est pris en charge à 100% par la Sécurité sociale mais aussi par les différentes mutuelles. Pas d’avance de frais et pas de limite de séances, tant que tu en as besoin, tu peux solliciter ce service. 

 

  • Les psys des écoles/structures étudiantes : les facs et les écoles disposent parfois de psychologues en interne, ça peut être utile dans certains cas :
    • aménagement des emplois du temps ;
    • mise à disposition d’un soutien (qui ne peut pas être uniquement considéré comme un suivi) ;
    • écoute et orientation. 
  • 3040, le numéro pour le bien-être et la santé mentale des étudiant·es. C’est un dispositif national d’écoute, d’informations et d’accompagnement.

Santé communautaire & Ressources

Et dans tout ça, il est important de rappeler que les espaces communautaires et d’entraide sont très importants, car on connaît malheureusement les limites de pas mal des dispositifs énoncés ci-dessus : temps d’attente notamment, manque de moyens, listes d’attente qui s’allongent… On te conseille aussi de te rapprocher d’assos de soin communautaire si tu en connais autour de toi, et de ne pas hésiter à en parler, c’est aussi ça parfois, prendre soin de sa santé mentale.

Ne pas être seul·e : le capitalisme nous pousse à nous isoler, à aller vers des trucs de dev perso, ou à culpabiliser de ne pas prendre soin de notre santé mentale. Heureusement, il y a des collectifs et des ressources pensés justement pour casser cet isolement… bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. 

Psycom : le site d’infos de référence sur la santé mentale :  fiable, indépendant, gratuit. Tu peux y trouver des explications sur les troubles, les soins, l’accompagnement, mais aussi des annuaires de lignes d’écoute et d’associations d’entraide près de chez toi.

Musae : un collectif qui bosse sur la santé mentale à travers l’amitié et la pair-aidance avec des ateliers, événements et du contenu. 

KEPS : nous, donc !!! Un site Internet et des réseaux avec plein d’infos et ressources sur la santé mentale, sexuelle et la conso ! Par et pour les concerné·es, n’hésite pas à nous solliciter pour discuter en PV ou qu’on se cale un appel ! 

Les associations communautaires en santé mentale : ce sont des espaces d’entraide et de rétablissement avec des personnes concernées par les mêmes thématiques ou troubles en santé mentale. N’hésite pas à te renseigner sur celles qui existent autour de chez toi. À Marseille, on peut te recommander EsperPro ou Clubhouse par exemple 🙂

Les permanences psy des associations : certaines associations proposent des permanences avec une psychologue sur place, c’est gratuit et sans rendez-vous et ça peut être hebdomadaire, mensuel ou bi-mensuel. N’hésite pas à te rapprocher d’associations dont le sujet te parle. Sur Marseille, tu as notamment : 

  • Le dispositif CeSaMe de l’association de santé sexuelle Enipse : permanence psy à destination des personnes LGBTQIA+ (tous les vendredis)
  • Les permanences psy-sexo du centre LGBT (deux mercredis par mois).
  • Le Chill’in de Plus Belle La Nuit projet de RdR autour des produits et des sexualités (tous les jeudis)

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