Ce qu’on s’est dit (et qu’on ferait bien de retenir)
Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite
Personne ne reste « perché·e à vie » après un trip, mais certaines expériences peuvent laisser des traces qui méritent d’être prises au sérieux.
Le syndrome post-hallucinatoire persistant (SPHP) existe, mais il est rare et ne concerne pas la majorité des personnes qui consomment des psychédéliques.
Prendre soin de soi, espacer les consommations et demander de l’aide quand quelque chose ne va pas, ce n’est pas « faire un drame » : c’est de la réduction des risques.
En bref
L’idée qu’on puisse rester définitivement « perché·e » après avoir consommé du LSD ou un autre psychédélique relève surtout d’une vieille légende. En revanche, certaines personnes vivent des effets qui persistent après un trip : souvenirs envahissants, anxiété, troubles du sommeil ou, plus rarement, un syndrome post-hallucinatoire persistant (SPHP), qui provoque des perturbations visuelles durables. Ces situations existent et méritent d’être écoutées sans minimisation ni dramatisation. La meilleure façon de réduire les risques reste de connaître les effets des psychédéliques, de ne pas multiplier les prises, de respecter des pauses entre les consommations et de chercher du soutien si les difficultés persistent. Parce que prendre soin de sa santé, c’est aussi prendre au sérieux les vécus des personnes concernées.
C’est une légende dont on a toustes entendu parler, une rumeur qui va de fêtes en fêtes, de foyers en foyers, qui se transmet de générations en générations… Oui, on connaît toustes quelqu’un·e qui connaît quelqu’un·e qui connaît quelqu’un·e qui est « resté·e perché·e » après un supposé trip aux psychédéliques, et souvent plus particulièrement au LSD.
Mais alors, est-ce que cette histoire, qui, soyons honnête, sonne vraiment comme une légende, est vraie ? Eh bien, pas vraiment, mais surtout, l’expression renferme en fait différentes réalités.
Trip insistant
Une mauvaise expérience psychédélique, qu’elle soit vécue suite à la conso de n’importe quel psyché, peut être vraiment marquante et difficile à oublier. Ainsi, il n’est pas rare de mettre quelques jours à s’en remettre. Anxiété, troubles du sommeil, réminiscences des choses vues pendant le bad trip… Tous ces éléments peuvent suivre l’expérience et donner l’impression qu’on est encore en train de la vivre et ainsi laisser penser qu’on est « resté·e perché·e ». Mais cela finit par passer ! Du repos, se nourrir, s’hydrater, se distraire, prendre soin de soi… Autant de choses qui vous aideront à aller mieux. Cependant, le mal-être peut, lui, perdurer, et si c’est le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide !
Et sans parler de bad trip, certains trips peuvent être tellement marquants qu’on a du mal à en sortir. Ainsi, les jours suivants on peut y repenser, avoir des flashbacks… Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’on est encore perché·e.
Syndrome post-hallucinatoire persistant (SPHP)
Le syndrome post-hallucinatoire persistant (SPHP) est un trouble de la perception caractérisé par la présence continue de perturbations visuelles similaires à celles produites par la consommation de substances hallucinogènes. Il n’a pas été formellement relié auxdites substances, mais un certain nombre d’entre elles ont été reconnues comme pouvant être responsables de son apparition : psylocibine, MDMA, MDA, dextrométhorphane, kétamine, muscimol, cannabis, cannabinoïdes de synthèse, ayahuasca.
Il existe deux types de SPHP. Le premier est plutôt transitoire et considéré comme « léger » et prend la forme de flashbacks de trips qui surviennent par épisodes et sur des temps plutôt courts. La plupart des usager·es rapportent des perturbations minimes, voire certain·es les supportent plutôt bien, assimilant ça à des « free trip ».
Le deuxième revêt une forme plus continue, chronique, et est ainsi beaucoup plus handicapant dans le quotidien. Les symptômes classiques sont visuels et incluent : neige visuelle, halo entourant les objets, traînées lumineuses suivant les objets, mouvement des objets statiques, changement de texture des objets… Leur intensité et leur nombre varient et se manifestent différemment chez les personnes concernées.
Ces symptômes ne sont pas des hallucinations à proprement parler puisque les personnes atteintes du SPHP en sont conscientes et reconnaissent ces illusions d’optique comme des phénomènes irréels.
Et ces symptômes visuels peuvent s’accompagner d’autres problèmes de l’ordre de la santé mentale. Le SPHP génère ainsi de l’anxiété, des attaques de panique et peut même occasionner de la dépersonnalisation et de la déréalisation.
Des causes peu connues et peu ou pas de traitement
La cause du SPHP reste encore assez méconnue, même si les dernières recherches semblent montrer que les symptômes sont causés par des anomalies dans le fonctionnement du système nerveux central et ne sont donc pas la conséquence d’un dysfonctionnement rétinien.
Il n’existe malheureusement pas de traitement à proprement parler, bien que des benzodiazépines soient parfois utilisées pour réduire les symptômes mais sans traiter la cause du SPHP. Dans tous les cas, il est très très fortement recommandé de ne pas consommer d’hallucinogènes et d’observer une bonne hygiène de vie. Un suivi thérapeutique peut (comme toujours) également beaucoup aider.
Pas de panique cependant, car le SPHP est finalement un phénomène assez rare ! La plupart des consommateurices d’hallucinogènes ne le développeront jamais mais la fréquence de consommation et l’existence préalable de troubles de la santé mentale pourraient avoir un lien avec son apparition.
Réduire les risques
Tu l’auras compris, personne ne « reste vraiment perché·e » et ne voit des éléphants roses dans la pièce pour le restant de ses jours. En revanche, les psychédéliques peuvent provoquer des expériences qui vivent durablement dans nos esprits et parfois pas de la meilleure des manières. Alors, comment éviter des expériences désagréables qui peuvent mener jusqu’au syndrome hallucinatoire persistant ? Eh bien, comme toujours, en ne forçant pas trop sur la dose et sur la quantité ! Les psychédéliques, même quand on les connaît bien, peuvent être surprenants. Avec n’importe lequel, on vous conseille vivement de commencer petit afin d’appréhender au mieux les effets et ensuite d’ajuster en fonction. Il est aussi recommandé de faire des pauses de plusieurs semaines entre chaque session de conso !
Et si jamais vous avez eu une mauvaise expérience, n’hésitez pas à demander de l’aide. À
vos ami·es, à un·e médecin, à un·e psychologue ou même à nous ! Écrivez-nous et on cale un appel 💘