C’est la rentrée ! La vraie « nouvelle année » avec son lot de stress et d’obligations. Que cette perspective t’enthousiasme ou non, on a décidé de te faire un petit rappel : la rentrée parfaite n’existe pas !
Tu es en études ou déjà parachuté dans la vie active, ou même en transition, c’est–à–dire sans emploi… Ne te bile pas ! La rentrée parfaite, on ne la voit que dans les films et les séries où tout dégénère au bout de 20 minutes.
Le résumé pour celles et ceux qui scrollent trop vite
1. La rentrée parfaite n’existe pas.
Pas besoin d’avoir un appart nickel, un taf de rêve ou une motivation de warrior pour réussir sa rentrée. On n’a pas toustes les mêmes ressources, et c’est OK.
2. Après un été à fond, la descente peut être rude.
Fatigue, spleen, envie de tout plaquer… Si ton été a été rythmé par les fêtes et les consommations, le retour à la réalité peut faire mal. En redescente, pas de décisions importantes.
3. Être vivant·e, heureux·se et résister, c’est déjà pas mal.
Dans un contexte social, politique et écologique bien claqué, prendre soin de soi, profiter des gens qu’on aime et continuer à lutter, c’est aussi une manière de résister.
Les fins d’été sont souvent l’objet d’un spleen particulier. Finito le farniente (même si en réalité 40% des Français·es ne partent pas en vacances), les apéritifs à rallonge, les barbecues, les longues journées à fuir le soleil et les soirées interminables à le regarder se coucher. Fini aussi l’oisiveté qu’apportent les congés (si on a un travail) et la disponibilité des amix (qui sont aussi en congé).
On te dirait bien de te relaxer, de te détendre, mais ces deux exercices sont beaucoup plus faciles à dire qu’à faire. Et ils demandent une certaine ressource (comme un climat familial apaisé, un frigo rempli, un toit sur la tête et la possibilité d’être soi-même sans avoir à se cacher ou à jouer un rôle). Des ressources pas évidentes à mobiliser.
L’ÉTÉ, UNE FÊTE SANS FIN
Si tu as fait de cet été une fête sans fin, accompagnée de ses consommations psychoactives (certains diront autodestruction mais on n’entend pas les rageux), tu risques de passer un début septembre en descente totale.
Sache-le : c’est normal et absolument passager.
Avec ça, l’envie de tout plaquer risque de venir s’immiscer dans ton subconscient… Mais comme on le dit souvent : en redescente, pas de prises de décisions importantes ! Claquer la porte à ton taf ou à tes études au tout début d’un nouveau cycle n’est pas une idée géniale. Avec un taux de chômage qui augmente et un accès au logement toujours plus compliqué, se séparer de « la sécurité de l’emploi », c’est risquer la précarité (ou une précarité encore plus grande si tu es déjà précaire, comme les 9,8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France…).
Malgré tout, le gouvernement et l’actualité font globalement de leur mieux pour nous miner le moral, et ce n’est pas des vidéos de chats mignons sur TikTok ou des life hacks claqués au sol qui suffiront à nous mettre des œillères. On a pris le dérèglement climatique en pleine tronche cet été (et c’était l’occasion pour Meureh de dérouler 4 articles passionnants sur la canicule), entre vagues de chaleur et tempête de grêle à Marseille… Les news des fronts de guerres sont plus sordides les unes que les autres, les génocides continuent de se dérouler avec la complicité crasse des grandes puissances, et l’extrême droite (ennemie des pauvres, des minorités, des LGBT, des drogué·es et du vivant en général) réussit sa percé dans toutes nos institutions grâce à l’argent des grandes fortunes (oui, Bolloré on pense à toi, mais t’es pas le seul).
Retourner jouer le jeu de l’avenir (en faisant des études) ou celui du capitalisme (en allant gagner de quoi payer son loyer) n’est pas une perspective réjouissante. Sauf pour celles et ceux qui ont la chance de faire quelque chose qu’iels aiment avec des gens qu’iels estiment et apprécient (bien sûr). On ne va pas se mentir : l’envie de se mettre la tête dans le four est présente. Et ce n’est pas l’annonce d’un parc d’attractions dédié à Dragon Ball qui va nous faire oublier que l’hôpital public est en ruine, que les étudiant·es peinent à remplir leur frigo et que les actes LGBTphobes, racistes et autres se multiplient. Le plus beau pied de nez qu’on peut faire à cette époque de merde, c’est être vivant, essayer d’être heureux et résister !
Boycotter ce que vous n’aimez pas,
partagez vos idées et mangez les riches !
Bonne rentrée à toustes !
- Si tu as envie de profiter de cette rentrée pour faire le point sur ta santé mentale, tu peux consulter l’article de Léa sur l’offre de soins gratuits en santé mentale.
- Si tu as envie de questionner ton rapport aux drogues et aux consos de drogues et médicaments, tu peux lire cet article qui présente l’offre de soins gratuits en addictologie.
- S’il t’arrive d’avoir des pensées suicidaires, on a écrit un article sur l’importance de briser le tabou pour sauver des vies !
- Si tu peines à remplir ton frigo, des associations comme COP1 organisent des distributions de colis alimentaires pour les étudiant·es, il cherchent également des bénévoles pour ouvrir de nouvelles antennes locales.
- Si tu en as gros sur le haricot, le gouvernement a mis en place le dispositif Santé Psy Étudiant qui n’est sûrement pas suffisant mais qui a le mérite d’exister.
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