« Je sais pas si je suis plus sensible à la chaleur que je ne l’étais il y a quelques années, en tout cas je suis beaucoup plus affecté aujourd’hui, notamment pendant la période où j’ai cumulé méthylphénidate et Venlafaxine®. Et puisque c’est pas des dr0gues particulièrement marrantes, j’ai quand même besoin d’avoir une forme de défonce à certains moments (notamment pour sociabiliser), et le plus adapté que j’ai trouvé c’était l’alk00l, pour éviter des interactions plus compliquées à gérer.
Forcément, tout ça joue fortement sur la régulation thermique de mon corps et l’été est dur quoi qu’il en soit. Mais la canicule en plus, qui implique aussi de quasiment pas dormir pendant des semaines (ça finit même par se compter en mois si on prend fin juin comme référence…).
Dans le métro, il fait tellement chaud que j’ai eu des débuts de malaise qui m’ont poussé à sortir plus tôt et à finir le trajet à pied.
La chaleur est tellement insupportable qu’à certains moments je n’arrive plus à réfléchir. Et pour au moins améliorer le temps de sommeil et sa qualité, j’ai opté pour des dépresseurs type codéine ou Lormétazépam®, en alternance, pour déclencher le sommeil manuellement. Mais même ça, c’est pas toujours super efficace et j’évite de trop augmenter les dosages parce que c’est plutôt une rustine qu’une réelle solution.
Bref je suis un peu coincé, y’a rien à faire, je suis bloqué dans mon corps à une température invivable et en plus je dois aller travailler tous les jours parce que le capitalisme, lui, n’attend pas, et il faut payer le loyer, alors on perd des points de vie au travail pour pas en perdre plus dans une situation plus précaire.
J’ai la chance de bosser dans un emploi où je peux adapter un peu les horaires et tout, mais au bout du compte, faut quand même que le boulot soit fait donc pas le choix, on serre les dents jusqu’à l’automne, en espérant ne pas dégoupiller avant à cause de la fatigue physique et mentale, et on utilise les drogues de manière à soulager tout ça au mieux.
Au final, pour lutter contre la canicule, le plus efficace a été d’arrêter l’antidépresseur et de réduire le méthylphénidate, mais ce que je gagne en confort thermique, je le perds en disponibilité mentale, c’est un peu un jeu à somme nulle : dans tous les cas je vais galérer et j’ai juste le choix de ce qui me mettra en difficulté.
J’ai lu et vu récemment que les personnes neurodivergentes avaient plus de difficultés avec la chaleur, je sais pas à quel point l’autisme m’affecte plus ou moins par rapport à des personnes neurotypiques, j’ai plutôt l’impression que tout le monde douille sévèrement même si c’est chacun·e à sa manière d’une certaine façon. J’ai la clim’ chez moi, je suis pas le plus à plaindre même si j’attends de voir la note à payer lol. »
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