KEPS - Mantes la galette
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Mantes la galette, une association de consommateurs de crack

Publié le 10 septembre 2026 par Maxime

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Cet article parle de : #crack

Le crack fait les gros titres. Ça indigne et fait vendre. Il faut dire que les associations en première ligne assistent, impuissantes, à l’augmentation de cette conso dans la rue. Chez les publics les plus précaires, les gens sans domicile, qui traînent parfois avec eux des valises de traumas bien pleines et/ou des pathologies psy. 

Mais si le débat public est enlisé dans la sécurité intérieure, la vérité du crack est bien plus nuancée… Des personnes consomment du crack depuis des décennies, et ça n’a pas mis le pays à feu et à sang pour autant ! Ces personnes n’ayant que trop rarement la parole dans le débat public, certain·es d’entre elleux ont décidé de se constituer en association. 


LE RÉSUMÉ POUR CELLES ET CEUX QUI SCROLLENT TROP VITE

1. Les personnes qui consomment du crack ont leur mot à dire. Le débat public parle beaucoup du crack, mais beaucoup moins des personnes qui le consomment. Mantes la galette leur permet de prendre la parole et de transformer leur expérience en expertise.

2. Le savoir des personnes concernées est une vraie ressource. L’association participe à des recherches, intervient dans des formations et prend part aux débats sur les politiques publiques. Son objectif : faire entendre les réalités du terrain et défendre une approche davantage centrée sur la santé.

3. S’organiser, c’est aussi reprendre du pouvoir. Mantes la galette montre qu’être concerné·e par une consommation n’empêche ni de produire du savoir, ni de faire du plaidoyer, ni de contribuer à faire évoluer les pratiques.


UNE ASSOCIATION LOI 1901

Aujourd’hui, on vous parle de Mantes la galette, une association loi 1901 de personnes usagères ou ex-usagères de crack et stimulants par inhalation. Un association créée par des personnes concernées avec un leitmotiv : transformer l’expérience vécue en savoirs, en solidarité et en pouvoir d’agir. Une belle preuve d’empouvoirement ! 

« Nous croyons que l’expérience vécue constitue une véritable expertise. Les personnes concernées connaissent les réalités de terrain, les difficultés rencontrées, mais aussi les stratégies développées au quotidien pour prendre soin d’elles-mêmes et des autres. »

Le plaidoyer est ainsi une part importante des activités de l’association. Un plaidoyer humaniste par et pour les personnes concernées afin de développer des politiques publiques en phase avec les enjeux des consommateurices. Pour que ça ne soit pas toujours la peur de l’autre et son arsenal de mesures sécuritaires qui gagnent. Faire de la place à la santé publique et provoquer une prise de conscience sur les enjeux liés à la consommation. L’objectif affiché est plus que louable :  

« Nous voulons construire une société où les consommateurs de produits psychoactifs ne sont plus définis par les préjugés qui les entourent, mais reconnus comme des citoyens à part entière, porteurs de savoirs, capables de contribuer à la recherche, à la formation, à l’amélioration des politiques publiques et au développement de leurs communautés. »

L’association est issue d’un groupe formé dans le Caarud de Mantes-laJolie (Sida paroles 78), et ses membres sont des personnes concernées ayant assisté à au moins une réunion. Des personnes aux parcours de vie divers, représentatifs de la réalité et de la pluralité des profils, et peuvent être  « sans domicile, résidant en hébergement, en logement, en activité professionnelle ou en situation de précarité ». 

Un leitmotiv : « ne nous racontez pas le livre de nos vies ».

UNE PREMIÈRE ANNÉE BIEN REMPLIE

Au cours de sa première année d’existence, l’association n’a pas chômé ! Née en mars 2025, quelques mois après que le groupe se soit formé au sein du Caarud, elle participe à des projets de recherche participative en France ainsi qu’à l’international. Ses membres animent également des interventions lors de formations professionnelles, afin de faire changer les regards et remonter les réalités du terrain.

La présence de Mantes la galette lors d’événements nationaux d’addictologie prouve la capacité de mobilisation des personnes. Faire entendre les voix là où les professionnel·les de la profession discutent de la manière de mieux accompagner les usagers ou prendre en charge des pratiques émergentes. 

Ainsi, l’association était représentée : 

    • aux Rencontres nationales des surdoses, au congrès de la Fédération Addiction, 
    • au colloque européen sur les salles de consommation à moindres risques (SCMR, devenues entre-temps des HSA haltes soins addictions, mais que certain·es appellent encore des salles de shoot).
    • aux rencontres du réseau Galilée à Charleroi en Belgique, pour intervenir notamment sur la place des travailleur·ses pair·es dans les structures de soin.

Cette liste est non-exhaustive, mais le (très chouette) rapport d’activité de l’association (2025) saura vous donner de plus amples informations si le sujet vous intéresse ! 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ou vous rendre sur leur site Internet et/ou les soutenir financièrement. Si vous n’êtes pas loin, et que vous êtes concerné·es, vous pouvez même rejoindre l’association !

 

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